La maison des jeunes.

Panneau directionnel ' Maison de Retraite '

Une musique inquiétante entendue dans cette nuit de printemps froid. La lumière sommeille aussi. Je ne sais plus si je dors ou si je rêve. Que penser d’une société qui ne s’occuperait pas des jeunes? Beaucoup lui reprochent de les conduire dans une impasse. Sous prétexte qu’ils coûteraient trop cher, on les enferme un temps dans le monde du travail puis ils en ressortent. Devenus inutiles, ils n’auront de toute façon pas tous du boulot, même si on baisse les coûts. L’évolution technologique produit inexorablement la mise à l’écart d’une partie d’entre eux. De plus, la génération actuelle est devenue bien moins résistante que les précédentes. Elle consomme quand elle en a l’occasion, mais que produit-elle au juste? L’espoir qu’elle porte en elle voudrait grandir mais reste une illusion. La jeunesse perdue se lamente sur des trottoirs pleins ou dans les files d’attente pour des jobs qui ne viendront pas. Un peu comme dans le Désert des Tartares* où l’ennemi n’arrive jamais. Il est devenu insupportable, ce spectacle de cartons et de tentes! Il est grand temps que notre gouvernement envisage une mesure radicale. Une prise en charge totale qui consisterait à parquer les individus dans des institutions spécialisées. Cette option serait sans frais pour le contribuable. De fait les locaux existent déjà: on attribuerait un jeune à chaque pensionnaire d’une maison de retraite. Le tout afin de former un attelage générationnel ultra-performant. Une sorte de gagnant-gagnant. Un bon coup de peinture sociale et le tour serait joué. Les anciens ne seraient plus seuls. Il n’y aurait plus besoin de personnel. Des problèmes en moins et une sacrée économie réalisée… Soudain mon réveil sonne. Il me sort un peu de ce délire intense. Je suis oppressé par ces pensées totalitaires. Quelques mots s’échappent de la radio. Ils me disent que des jeunes et des vieux ont défilé ensemble dans les rues en France. Encore embrouillé, je songe aussitôt à des fugitifs… Les propos suivants de la liseuse de nouvelles me rassurent: ils sont là pour manifester contre la loi Travail. Et c’est ici et maintenant!

*Le Désert des Tartares : roman italien de Dino Buzatti(1949)

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