Le terrain vague de nos souvenirs

Quand les lecteurs se souviennent des terrains vagues.

Commentaires après ce billet :

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Joseph

Une belle évocation des terrains vagues, terrains d’aventures fantastiques. Il fut un temps où les enfants citadins avaient presque les mêmes espaces que les ruraux.

Petit banlieusard, j’habitais Bagneux. En haut sur le coteau, entre les derniers immeubles et l’usine Thomson d’alors, des arbres, des trous, une jungle. En bas, en face du square Barbançon, en face de mon HLM, un petit terrain vague, ou nous faisions du vélocross avant que cela n’existe ; on plantait nos noyaux de cerise ou de pêche – jamais eu d’arbres- on faisait des expériences avec de pauvres bébêtes de passage, des bagarres de cailloux, puis  nos premiers pas, empruntés de timidité, avec les filles… Suis passé il y a quelque temps : béton partout, pas un brin d’herbe. On vieillit vite, c’est terrible !

Claude

Tout gamin, j’habitais le 20°, et je crois même me souvenir qu’on appelait ces terrains « les fortifs »

Monique

Pour moi qui étais une fille, le terrain vague, on l’appelait comme ça, était en plus un endroit essentiellement masculin. On jouait dans la rue qui était plus mixte mais avec la même liberté et la même surveillance collective. La solidarité populaire existait et le groupe palliait l’absence d’organisations. On s’est permis des actions à l’époque qui nous auraient envoyés au bagne actuellement. Je me souviens d’une vieille grand-mère un peu folle qui était hystérisée par nos cris d’enfants sous ses fenêtres et qui nous jetait des pierres . Les parents, lorsqu’on se plaignait, nous disaient simplement d’aller jouer un peu plus loin. Le niveau d’acceptation ou de « supportation » des autres s’est bien délité. Les terrains vagues sont devenus inutiles avec la télé , les loisirs organisés ; il faut créer des lieux d’aventure…

Nicole

Enfants parisiens nous possédions une partie de trottoir devant notre immeuble et faisions en sorte, tout en l’occupant de nos jeux, de ne pas gêner les adultes. Passants, entrants ou sortants,  jetaient un œil bienveillant sur des gosses qu’ils n’hésitaient pas à interpeller en cas d’imprudence. Bien que rares, les voitures pouvaient déboucher suffisamment vite pour avoir du mal à éviter l’enfant descendu de son trottoir.

C’était un temps, en effet, où le bon sens faisait loi dans l’ensemble des couches sociales. Les enfants pauvres étaient heureux.

Eugénio

Non pas vagues souvenirs, mais vagues de souvenirs …

Il y avait aussi nos mères qui nous accueillaient à l’entrée de la maison et qui nous grondaient tendrement quand nous rentrions tout crottés !

Philippe

J’ai connu ça même dans la banlieue parisienne du côté de Livry-Gargan et Clichy-sous-bois, où, avec les autres gamins du quartier, nous étions tour à tour Kopa, Pelé mais aussi Kit Carson. Puis le règne du beauf en voiture a goudronné tous les espaces, abattu les arbres, mis des glissières. Plus tard, en d’autres lieux, les ronds-points, parkings, supermarchés, zones commerciales, résidences, autoroutes ont fini d’étouffer les espaces de liberté et les gamins d’aujourd’hui n’ont souvent plus que des écrans pour défouler une énergie contenue.

Parfois même, marcher dans certaines municipalités devient compliqué tant cette foutue bagnole a conditionné les bipèdes à aller au Macdo en « drive-in ». Résultat : la population grossit et devient si molle et endormie qu’elle résume son activité à aller du canapé, où le sport du zapping lui muscle les pouces, au siège de sa twingo qui étiole ses guiboles, pour faire le plein de mal-bouffe au Lidl du coin. Quelques salles de sport pour se défouler : ainsi tout est bien rangé dans les bonnes cases avec des lieux précis pour chaque activité.

Bien sûr, entre deux, il y a le boulot pour ceux qui en ont et l’errance pour ceux qui n’en ont pas mais, pour finir, le pays est figé sous l’asphalte. Regardez : même les insectes désertent !

Libéradio

« Ce furent des heures de dépenses physiques, de courses folles, de parties endiablées. ».

L’on peut se demander comment vivre son enfance, sans cette possibilité de se dépenser sans limites…

Les jeunes d’aujourd’hui, me semblent plutôt empêchés de se défouler par manque de place et redondance d’interdictions. De quoi devenir fou, à leur âge !

Alicia

Très belle évocation de ces lieux de liberté : les champs à la campagne, les terrains vagues en ville. Le contrôle des adultes était beaucoup plus dur mais dans le même temps, les enfants pouvaient s’inventer davantage d’espaces de liberté joyeuse, de flâneries, de rêveries aussi.

Plus d’espaces vierges ou en friche  dans les villes ; pour les occuper en compensation, des mobiles achetés aux enfants dès  8/10 ans et devenus des appendices du corps humain, Plays-station dès la petite enfance, tablette, ordinateur dans la chambre, I-Pod vissé sur les oreilles à longueur d’heures et en tous lieux : ce qui interdit  de partager de la musique avec les autres. Il est de la responsabilité des adultes d’en limiter (voire d’interdire pour les tout-petits) l’usage. Certes, ces prothèses technologiques et numériques sont un garant de tranquillité mais que de dégâts pour l’enfant sur le plan relationnel, (notamment) !

Les citoyens doivent revendiquer pour eux-mêmes et pour les enfants la création d’espaces libres, où rien n’est organisé et la protection des lieux encore non bâtis, censés ne servir à rien selon les urbanistes et élus. Il faut combattre ce discours (et les conséquences que cela induit en termes de liberté, d’urbanisme et d’environnement) sur la suppression obligatoire de ce que certains élus appellent les « dents creuses »  au motif qu’il faut exploiter le moindre centimètre carré. L’inutile, l’inexploité, (au sens où l’entendent les économistes, nombre d’élus, d’architectes) s’agissant notamment des lieux  est plus que jamais essentiel pour l’équilibre psycho-moteur, la joie et la créativité des enfants.

Spitz

Comme je suis plus vieux, dans notre terrain vague, nous, on jouait à « la petite guerre » ; dans l’assaut on criait à pleins poumons, on s’écorchait les genoux dans la terre sèche et on tombait en héros – surjoué – dans les mauvaises herbes fraîches ; on allumait le feu interdit avec les allumettes dérobées en cuisine – qu’on éteignait vite en pissant dessus-, on déglinguait nos vélos rigides dans des parcours tout-terrain – ravageurs pour nos fesses tendres sur les selles de cuir dur…Et chut..secret : dans une boîte en fer, on cachait les images mal découpées de femmes en lingerie des réclames Chantelle

AM31

Il n’était pas question, sous peine de punition,  de se plaindre des remontrances des voisins, ni de chercher le « responsable » de nos plaies et bosses.

Simplement, les égratignures étaient traitées à l’eau oxygénée ou à la gnole du grand-père et la teinture d’arnica décorait les bosses.

Aujourd’hui la norme semble être, à la fois d’accorder aux enfants une totale liberté, de peur des horribles traumatismes, et d’imposer aux adultes d’assurer la totale sécurité des chères têtes blondes.

Le Peuple 74

Avalanche de terrains vagues, concurrencés par les terrains annexes et, les jeudis, la pelouse du stade…olympique de Colombes. Toute la plus grande partie de ma jeunesse, de 1945 à fin 57. De 8 ans à 20 ! Colombes,ma ville, enfin celle de ses habitants, sur un boulevard Valmy qui conduisait vers les usines, dont Kléber-Colombes, Éricson, la Seine…

Au n° 63 était l’immeuble qui faisait angle avec le boulevard Pierre de Coubertin qui emmenait vers le Stade et les terrains vagues et jardins de La Reine Henriette. Le Stade était bouclé (45/47) et on faisait du foot sur mâchefer sans rejoindre un terrain herbeux baptisé terrain vague. Le foot puis le vélo, c’était partout…La piscine vint longtemps après : vers1950 . Vais stopper ici…Et vers 1950 aussi…Les alentours  de l’église étaient également propices aux jeux…Mais, c’est un billet qu’il faudrait pour le stade de Colombes et ses divers familiers.

2- Après les HH du sport et du rugby et l’école à Paris en 1953 avec agrandissement des activités, il est arrivé hier et aujourd’hui un formidable hasard que je ne peux pas passer sous silence dès ce jour. Nous ne sommes pas de connivence, ni avec Joseph, Alain, Gilbert et les autres habitués suivant le thème quotidien. C’est Nabum : le commentaire 2, c’est toi et encore un fameux HH. Et c’est pas tout. « On n’oublie rien de rien » devient difficile. J’enregistre ici. Et sans doute tes terrains vagues vont peupler les réponses du jour 22 mai. Le second 2 va être séparé du présent, très certainement…

Claire

Les terrains vagues de Lorient, ville détruite par les bombardements pendant la guerre. Dans les années 1950 et suivantes, elle n’était pas encore vraiment reconstruite ; même les gosses de bourgeois, comme nous, jouaient dans la rue et dans ces drôles d’endroits, sans nom, souvent boueux (en Bretagne, il pleut quelquefois) où, filles comme garçons, nous échappions aux regards parentaux…

Tonton 54

Né en 1936, j’ai connu les terrains vagues. A Suresnes, qui fut la première commune bombardée, après la guerre, nous allions jouer dans les « maisons démolies » : en fait une HLM, à côté du champ de courses de Saint Cloud. Et il y avait le terrain de jeux, un vrai, dans les Cités jardins, équipé d’un terrain de basket, de jeux de boules, avec « Pied d’alu », ancien combattant et bien d’autres. Et le tour « deuf » avec les petits coureurs peinturlurés, dans l’allée du jardin ; mon Papa y ramenait du sable en brouette depuis les pentes du Mont Valo, mais c’était loin.

Aléla

Votre récit, c’est celui de mon enfance. Entre La Courneuve , Sarcelles, Le Bourget, Dugny, au temps où il n’y avait pratiquement que des terres maraîchères. Il y avait encore une ferme à La Courneuve où nous achetions le lait. Ce fut la période la plus joyeuse de ma vie. Depuis, bien sûr, je m’adapte . Mais comme dit Guy Carlier, « qu’avons-nous fait de ces trésors? » Moi je demande: « qu’a fait le capitalisme de ces trésors? » D’ailleurs la question est vaine : la réponse est sous nos yeux.

Claudine

Oui, ça me parle aussi les terrains vagues, lieux où je suivais mon grand frère, ma grande sœur et les gamins de l’impasse, pour y jouer, y faire tout et n’importe quoi, profiter de la friche qui y poussait pour étudier la nature, fabriquer des cabanes pour y abriter une famille reconstituée, avec quelques éléments de vaisselle ou de dînette ramenés de chez soi, défier l’adulte désireux de remettre au pas ces jeunes qui ne respectaient plus que les règles du groupe, investir la rue avec des bicyclettes au freinage douteux mais équipées de porte-bagage faisant office de seconde selle, cueillir les mûres et s’en faire un repas de roi partagé dans la cabane ; une enfance avec des genoux en croûtes presque en permanence, dues aux nombreuses chutes consécutives : mon instinct de survie m’obligeant à suivre les grands, rentrer en pleurs à la maison sans pouvoir raconter mes malheurs car ils ne regardaient que les enfants que j’allais retrouver le WE d’après….. Et, à côté de ça, une famille assez stricte pour ne pas s’y sentir toujours à sa place ; beaucoup de cris, de fessées, de claques, de punitions, des repas où les enfants ne devaient pas parler sans en demander l’autorisation, le rituel des devoirs qui se transformait souvent en motif de punition. Quelques francs volés dans le porte-monnaie parental pour acheter des bonbons en cachette afin de compenser le défaut d’argent de poche… Oui, une liberté qui parfois ressemblait à une vie parallèle : le monde des adultes en marge du monde de l’enfance. Il faut dire que les familles nombreuses étaient plus nombreuses qu’aujourd’hui, que l’enfance commençait seulement à constituer une catégorie socialement construite (cf l’ordonnance de 45, comme on dit) devant être protégée. On y a gagné en respect de l’enfant, en communication intrafamiliale, en affection intergénérationnelle, en dépassement de contextes familiaux brisant la construction de l’enfant ; on y a perdu en liberté, en insouciance, en régulation spontanée…. peut-on trouver un juste milieu? C’est toujours compliqué cette histoire de juste milieu…..

Méfions-nous de la nostalgie, chaque organisation sociale a ses avantages et ses inconvénients. J’ai beaucoup de mal avec le « on était plus heureux avant » ; les rapports humains étaient très durs, la morale très forte, il fallait filer droit, souvenez-vous. La quête du bonheur conduit souvent l’humanité à scier la branche sur laquelle elle est assise mais elle lui donne aussi la fabuleuse énergie de pousser à l’amélioration de sa condition : deux pas en avant un pas en arrière, un pas en avant deux pas en arrière ; l’essentiel c’est d’avoir la direction vers laquelle on veut tendre.

« La liberté ne se donne pas mais elle se prend »….disait je ne sais plus qui….Aujourd’hui je milite pour qu’on donne aux jeunes les moyens de forger leur esprit critique, au sens constructif du terme, se forger ses propres valeurs, se responsabiliser, pour faire et assumer ses choix, pour se sentir libre donc, puisque « la liberté c’est choisir » disait…je ne sais plus qui, non plus….

Quel genre d’adulte sommes-nous, pour formater nos jeunes comme on le fait, pour les déresponsabiliser en légiférant dans tous les domaines de la vie quotidienne sous couvert de sécurité et de santé protégée, réduisant à peau de chagrin les possibilités de choisir son mode de vie ?

Non, plus de terrain vague, plus d’auto-stop, plus de camping sauvage, plus de fou du village, plus de petit vendeurs particuliers sur les marchés, plus de chiffonnier etc…

On va vers un modèle de société de services qui doivent rapporter de l’argent et être mis en concurrence commerciale : tout doit être affaire de professionnels qui sont, eux-mêmes, mis en concurrence entre eux ; même le secteur social doit aujourd’hui répondre à des appels d’offre, comme dans le BTP. Oui, des professionnels de l’action sociale doivent pouvoir proposer une offre chiffrée et limitée dans le temps pour ramener le calme dans une cité enflammée, pour réinsérer un pourcentage de délinquants et mener à bien tant d’autres actions nécessaires. A-t-on vraiment pris la bonne direction?

Gilbert

Enfant parisien des années 30, je n’ai pas eu de terrain vague…mais nous avions la rue. On y traçait des marelles, on y jouait à la balle au mur (les filles), on (les garçons) traçait des « Tour de France » pour y jouer à « tic et patte » avec de la menue monnaie, on y roulait sur les ancêtres des skates :planches munies de deux traverses coiffées de roulements à billes réformés donnés par le garagiste du coin de la rue, sur lesquelles on était à plat ventre, comme des surf-boards. Dans Paris intramuros…incroyable aujourd’hui…

Guy

Et souvenons-nous, alors qu’il y avait encore des arbres dans nos banlieues, des cabanes gigantesques que nous construisions et où nous rêvions de Robinson Crusoé et Robin Wood… La « Guerre des Boutons » est le dernier monument du cinéma qui retrace notre vie des « Derniers des Mohicans » que nous sommes, nous les anciens de l’après-déluge de la Guerre mondiale. Donc il faut le dire : les nouvelles générations contre Sivens, Roybon et ND des Landes nous donnent du baume au coeur ; la lutte pour la liberté des espaces n’est pas finie, loin s’en faut !

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Des maisons en construction émergeaient d’un fouillis d’herbes laides et folles qui délimitaient un terrain vague. Ce terme de terrain vague m’a fait rêver. Quoi de plus matériel qu’un terrain ? de la terre bien lourde, inopinément affublée du qualificatif  « vague », évocateur de ciel nébuleux ou de mer houleuse. La réalité s’entrouvrait sur le rêve, c’était un no man’s land que nous, les enfants, on investissait. On était alors libres, dans une dimension invisible aux adultes, affrontés seuls à tous les périls, débarrassés des peurs de nos parents qui ignoraient notre unique vérité : notre domaine c’était l’aventure. De préférence, on s’y laissait surprendre par la tombée du jour ; la course sur les poutres à nu , un pied sur l’une, le second pied sur l’autre, le vide entre elles et en-dessous, était encore plus génératrice de l’ivresse d’être soi. C’était un feu d’artifices de sensations, un chaos de cris, de peurs, de bousculades. Je ne crois pas qu’on riait beaucoup. Des conflits éclataient ; on courait, on grimpait, on tombait ; on oubliait les autres pour se confronter à soi-même. Ce n’était pas les copains de tous les jours qui m’accompagnaient, c’était des gamins venus de partout, chercheurs de sensations fortes et de transgression dans cette France, choquée et silencieuse de  l’après-guerre. A la nuit tombée, bruissante de hannetons, il fallait retraverser le terrain vague en évitant de regarder les formes menaçantes d’objets insolites jetés ou oubliés ici ou là.

Colère 48

Toujours cette douce nostalgie douce et douloureuse tout à la fois…
Bravo et merci de nous rappeler qu’il exista un monde non virtuel …
Temps merveilleux où avec deux roseaux, du papier journal et de la colle de farine on avait un honorable cerf-volant décoré à la gouache, ou encore, on pouvait se bricoler un agrandisseur de photos avec l’objectif d’un vieil appareil , un bidon de peinture vide, et de quelques vieux tuyaux de plomberie reconvertis en colonne ; une cave facile à occulter faisait un merveilleux labo !

Fatizo

J’ai la chance d’avoir grandi à la campagne, un lieu où les espaces ne manquaient pas pour y pratiquer tous les jeux que nous imaginions.
Lorsqu’aujourd’hui, je vois tous ces mômes traîner dans les rues parce qu’ils n’ont pas d’endroit où pouvoir s’amuser, ou quand j’entends un type râler parce qu’ils jouent sous sa fenêtre, je me dis qu’il n’est pas étonnant qu’ils se mettent à faire des bêtises.

Danielle

Pas de terrain vague pour moi, ni de foot pour les filles…
Nous nous rattrapions en courant tous les sentiers, loin de la ville, et nous rentrions le soir fourbues et avec un bon sermon pour le retard… La campagne n’a pas de terrains vagues.

Chantal

Dans tous les villages, les jeunes avaient un terrain de jeux. Ici, nous avions la drague et ses merveilleuses dunes de sable.

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A propos cestnabum

Bonimenteur de Loire
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