Du poulpe et de la bruscambille

lgjmp72

Il y a des jours où l’on se demande, franchement, si l’on n’échangerait pas son statut d’humain, bipède sensé être l’espèce dominante du monde connu et de ses banlieues, contre celui d’un poulpe qui, lui, ne connait que le monde marin – et encore n’y fréquente-t-il que peu – ou elle s’il s’agit d’une poulpe, mais l’humain ne sachant pas faire la différence, on s’en fiche.

Bref, si l’on ne changerait pas son statut d’humain qui pense toujours lorsque qu’il s’essuie – celle-ci est de mon ami des cartes avec lequel je joue à la bruscambille avant que de nous noyer au fin fond des océans de nos pensées…

Colorées, qu’elles sont tes pensées. Qu’elle dit ma chatte.

Certes ! Mais lorsque l’on me brusque la cambille en pleine séance de méditation poulpienne, je fulmine entre deux eaux troubles. Et je ne vous raconte pas lorsque je lis dans ma presse quotidienne pour… (désolé, je fais saute d’argot aujourd’hui). Donc lorsque ma presse à poulpes me dit qu’un mec a dit qu’un autre mec a dit que lorsqu’on met un troisième mec (ou une fille, si l’on pose des quotas) dans une nouvelle forme de chambre à gaz, bourrée d’azote celle-ci, et non de zyclon B, ou d’eau de mer, « c’est beaucoup plus pratique » parce qu’on n’aurait même pas besoin de docteur, un légiste suffirait… Bref, lorsque je lis que les ricains – pas tous heureusement, mais certains nostalgiques de la peine de mort – sont prêts à toutes les expériences pour rendre cette peine plus présentable, plus efficace et plus rentable, je…

En ces jours donc, je me demande vraiment si je dois continuer d’essuyer pour être, ou, me mettre sérieusement à la rédaction d’un manuel sur l’éducation des poulpes – à l’usage des mâles ou des femelles – et de la façon d’en finir.

Les esquimaux, dit-on, ont environ 60 mots pour désigner la neige – ce qui n’a rien d’étonnant vu qu’ils vivent depuis des lustres près de l’hémisphère le plus septentrional et antarctique de la terre, ce qui, juste après son cousin arctique, lui donne le droit à être l’un des points – ou pôles – les plus froids de notre jolie planète, et donc l’un des plus neigeux.

Et quel rapport avec les ricains, la peine de mort, les poulpes et la bruscambille ? Qu’elle demande ma chatte.

Tu verras plus tard si j’y pense. Parce que si ces mêmes esquimaux habitaient à l’opposé de la banlieue où ils crèchent, c’est à dire pas loin du pôle arctique où il neige plus encore que chez eux, ils auraient sans doute développé bien plus loin leur vocabulaire neigeux, donnant ainsi à la neige au moins une centaine de désignations, toutes aussi poétiques les unes que les autres.

Bien évidemment, ceci n’a rien à voir avec l’inversion des pôles qui se produit régulièrement sans même que l’on s’en aperçoive, mais n’a aucun rapport aussi avec les dénominations de la neige ; quoique l’on puisse raisonnablement penser que le bipède – et donc l’esquimau, qui fait partie de l’espèce – en accentuant chaque jour la fonte des neiges de par ses émanations oiseuses – à ne pas confondre avec celles des oiseaux – va dans un avenir proche, s’il n’est déjà en train express d’advenir – va donc ainsi contribuer à réduire considérablement le vocabulaire neigeux de l’esquimau jusqu’à lui en faire perdre son latin – ce dont le latin se fiche, étant le produit d’une langue morte depuis longtemps – mais qui n’explique pas pourquoi le bipède, et donc l’esquimau, continue obstinément à faire fondre la neige dans laquelle il devrait pourtant savoir qu’il va finir par se noyer.

Certes, mais je n’ai rien compris à ton verbiage. Qu’elle dit ma chatte. Et quel rapport avec les ricains, la peine de mort, les poulpes et la bruscambille ?

Pour les poulpes, ceux-ci étant généralement adipeux et visqueux, j’en laisserai le rapport de côté pour un autre usage. Quant à Bruscambille, c’était un acteur facétieux et fantaisiste – disait-on alors sans plaisanter – du début du XVII ème siècle – et de la fin du XVI ème, le début et la fin se chevauchant parfois – auteur de Prologues tant sérieux que facecieux, republiés ensuite sous le titre de Fantaisies de Bruscambille.

Dans un de ses plus célèbres textes, le Prologue de la teste, notre très sérieux auteur, constatant que si nous connaissons assez bien les contours externes et apparents de notre tête, nous n’en connaissons qu’assez mal le contenu ; décidant de se mieux connaître lui-même, ce qui sied à tout fantaisiste filosofe soucieux de savoir ce qui trotte dans la tête du bipède en général – lui-même, ainsi que l’esquimau et le ricain, faisant partie de l’espèce – il se fendit la tête en deux afin d’examiner ce qui est dedans. N’y trouvant rien de franchement intéressant, il se la recousit sur les épaules et s’en fut danser la brsucambille après avoir émis un rot et un gros pet de ménage. Et ne me demandez pas ce qui distingue le pet de ménage du pet ordinaire, je n’en sais rien, pas plus que notre anatomiste amateur ne put compter combien de mots les esquimaux avaient dans la tête lorsqu’ils parlaient de neige, et pour cause, il ne fréquentait pas les esquimaux.

Par contre, le début du XVI ème siècle en lequel vivait notre joyeux luron étant féru de peine de mort – n’oublions pas qu’alors que Galilée soupirait « Et pourtant, elle tourne », l’on faisait rôtir Giordano Bruno pour avoir affirmé la même chose à voix haute – s’il avait eu le bonheur de connaître les ricains qui avaient découvert l’Amérique un siècle et quelques brouettes plus tôt, notre luron donc aurait pu conclure qui si le cours de l’histoire est si intangible qu’aujourd’hui encore (si, si !) l’on cherche de quelle manière donner quelques raffinements à la peine de mort, c’est bien précisément parce que la tête du bipède est pleine de vide.

Ce qui aurait été une conclusion logique. Qu’elle termine ma chatte, après avoir revu Nuit et brouillard.

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Et ceci n’est pas une tête de bipède, mais de rhinocéros sceptique après avoir contemplé le cul de sa voisine qui n’a de rapport avec mes pensées profondes que parce que notre auteur, après avoir aussi écrit un Prologue du rien, s’est fendu d’un Prologue du cul.

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A propos jean-michel plouchard

Photographe, infohraphiste, réalisateur, et nanar blogueur à ses heures. Et notoirement adepte du Plouc'art, que je suis loin d'avoir inventé.
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Un commentaire pour Du poulpe et de la bruscambille

  1. fatizo dit :

    Elle a toujours de belles et grandes idées la « plus grande démocratie du monde » .
    Bonne soirée JMP

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