De l’usage du pied

lgjmp72

Le weekend, surtout lorsqu’il se met à faire moins moche, je suis toujours fasciné de voir tant de gens enshortés ou enmaillotés courir à s’en faire péter les poumons dans les rues de Paris ou d’ailleurs, d’ailleurs. Certains courent avec des écouteurs vissés à leurs oreilles ; d’autres parfois rouges tirant sur le violet, avec un machin collé à leur bras, histoire de compter à quel moment ils choperont la crise cardiaque ; d’autres encore qui courent de telle façon que tu te demandes où et comment on leur a appris à courir, peut-être au contact de poulets au fond d’une bassecour, ou dans un bocal où le poisson rouge s’est noyé ; ou d’autres… mais je passe, parce que l’art de courir pour rien et moi…

Bref, à chaque coureur qui passe – il arrive parfois, je l’avoue, que ce soit une jolie coureuse dont j’admire les formes, mais c’est une autre histoire – je me demande pourquoi le bon dieu nous a fabriqué avec des pieds sur lesquels il est nettement moins fatiguant de marcher que de courir. D’ailleurs – c’est le troisième de cette histoire, et peut-être pas le dernier – le même bon dieu nous a permis d’inventer le vélomoteur qui, outre qu’il nous évite la fatigue de marcher pour aller d’un point à un autre, nous évite également de trop user nos godasse qu’il nous a aussi permis d’inventer – l’usage de la chaussure étant inconnu des kangourous, mais il est vrai qu’ils se déplacent en sautant, de même que l’usage des palmes en plastic est inconnu des poissons, ce qui prouve que le bon dieu est parfois injuste avec ses créatures – tiens, imaginez donc une baleine nageant avec des palmes, elle échapperait sans doute bien plus facilement aux chasseurs de baleines japonais ou islandais que la même baleine dépourvue de palmes en plastoc, et vous pouvez aussi l’imaginer nageant sur un vélomoteur, mais cela demande un effort d’imagination.

Et quelle est l’andouille qui a inventé le bon dieu ? Qu’elle demande ma chatte.

Bonne question, mais revenons à nos andouilles bipèdes qui s’époumonent sous le soleil dominical à user leurs pompes et leur énergie sur des rues empoissées de goudron en évitant les crottes de chiens, les détritus qui jonchent les trottoirs, et les flaques d’eau rémanentes de la dernière averse, et posons-nous une autre question essentielle : quelle raison ont-ils ou elles de courir, sauf à exhiber leurs mollets s’ils ou elles les ont sympathiques, ce qui est rarement le cas, surtout chez les bipèdes qui ont eu la malencontreuse idée de naître bruns et tout velus – mais encore une fois, allez comprendre ce bon dieu qui a fait naître de telles créatures…

Si je te suis bien, le bon dieu est aussi andouille que l’andouille qui l’a inventé !

Il me semble, mais… Tiens, d’ailleurs – encore un – auparavant le bipède s’encostumait le dimanche matin pour aller à la messe écouter un quidam lui décrire la vie du bon dieu, celle de son fils, celle de la mère du fils qui n’était pas la femme du bon dieu, mais celle de Josef qui, lui, étant charpentier, n’avait rien à voir avec le dieu bon – je change – en question, ce qui lui a permis de le cocufier sans vergogne ni aucun scrupule – le scrupule et et la vergogne n’ayant alors pas été inventés, ce n’est qu’après ce cocufiage que dieu les a crées, et d’ailleurs – et de cinq – pour se venger, il a crée au même moment le bipède velu brun avec de gros mollets, s’étant dit qu’après tout, une velure brune le protégerait un peu du soleil pour fuir sa ire au fin fond d’un désert brûlant…

Ce qui nous ramène aux coureurs d’ici – et non d’ailleurs – dont on peut se demander si le dimanche matin ils courent aussi pour échapper à l’ire de dieu parce qu’ils ont manqué la messe en courant cocufier leur voisin ou voisine qui, eux, sont allé écouter la messe.

Tu t’embrouilles, dirait-on.

Je sais, mais pour en revenir à notre sujet essentiel, cela me fascine de voir les bipèdes courir le dimanche matin sans la moindre raison apparente, alors qu’ils ont passé la semaine à courir pour rien et après rien sans aucune raison non plus si ce n’est celle de courir.

Et pendant que les autres bestioles et le neveu dorment encore, j’en profite pour prédire que la révolution ne sera pas encore pour cette semaine, à moins qu’un autre Josef – ou appelez-le comme vous voulez – ne se décide à cocufier dieu à nouveau, ou qu’une baleine bleue munie de palmes et montée sur un vélomoteur n’ailler faire chavirer tous les baleiniers.

Dis, c’est le bon dieu qui a crée les baleiniers, ou c’est les baleiniers qui ont inventé le bon dieu ? Quant à l’usage du pied, tu crois qu’il s’use aussi lorsqu’il recule ?

Je ne sais pas, je n’ai pas encore vu de coureur du dimanche courir à rebrousse poil, même si parfois je me rebrousse pour contempler le joli derrière des coureuses. Mais ce sera aussi pour une autre histoire.

72jmpmontmartre_1961

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A propos jean-michel plouchard

Photographe, infohraphiste, réalisateur, et nanar blogueur à ses heures. Et notoirement adepte du Plouc'art, que je suis loin d'avoir inventé.
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2 commentaires pour De l’usage du pied

  1. fatizo dit :

    Courir dans Paris et sa pollution, ça ressemble plus à un suicide.
    Ou alors il faut avoir le cerveau limité.

  2. cestnabum dit :

    Jean-Michel

    Faut-il prendre votre texte au pied de la lettre ?
    Je m’époumone à vouloir vous suivre. Où courrez-vous ainsi ?

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