Le pinceau compulsif a la barre

Pléonasme judiciaire.

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Voilà que notre artiste du pinceau compulsif se présente devant le juge ! La chose serait banale en soi s’il ne fallait y ajouter l’incroyable figure de style qui veut que notre chantre de l’amour platonique dépose à la barre. Je ne peux alors m’empêcher de vagabonder vers d’autres métaphores si chères à ce champion du priapisme libidineux.

Que l’ex futur président de la Raie publique jure de dire toute la vérité, rien que la vérité et ne lève que la main droite peut prêter à suspicion. Ce n’est pas là que se situe chez lui sa part de sincérité. La vérité, c’est bien connu, aime à sortir toute nue, d’un puits de basse-fosse, et notre grand personnage ne met jamais de gants en ce domaine.

S’il lui faut, en cette haute cour, faire étalage de sa bonne foi, nous ne saurions lui refuser le droit à la présomption d’innocence. Ce n’est pas que ses conquêtes méritent cette désignation ; il y a belle lurette que les gentilles copines de ce monsieur ont perdu leur innocence. Ce n’est pas faire commerce de flagornerie que de prétendre que l’homme, en matière de cour, est passé maître en procédure expéditive.

D’ailleurs, ce n’est certes pas la cour de ces dames qui le préoccupe, ni même le jardin du reste. L’homme a des fantaisies que l’une de ses conquêtes qualifie de « contre-nature ». C’est sans doute une moquerie de plus pour qualifier son extrême bonne nature ; les gens sont mesquins quand ils sont jaloux, victimes honteuses ou, simplement et honteusement, femmes humiliées.

Le symbole du bâtonnier, chez lui, n’est pas théâtral et ne se limite pas aux trois coups qui précèdent le lever du rideau. Son pinceau ne rechigne jamais à tremper, en maintes occasions, dans des réceptacles différents pour y laisser suinter, ici ou là ,des coulures qui l’auront mis parfois dans de beaux draps !

Il y a chez lui une gourmandise qui force l’admiration. Depuis le bon roi Henry IV, jamais puissant n’avait tant vanté la poule au pot et la pintade farcie. On mesure à quel point il aime payer de sa personne pour sonder le bon peuple au travers de quelques représentantes des masses laborieuses. Nous devrions lui être reconnaissant de cet examen en profondeur des abysses sociales, au lieu de quoi, il est misérablement traîné devant un tribunal inquisiteur.

C’est à l’hôtel des courants d’air que notre artiste a ruiné son plan de carrière. J’aime ce terme pour un personnage qui, toute sa vie, a voulu faire son trou. Une tâche ingrate quand on aime à jouer des parties fines. Il faudrait creuser un peu plus la question pour comprendre les motivations réelles d’un homme qui consomme sans jamais payer, ni prendre la peine de séduire.

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Il peut jurer ses grands dieux que les dames ne sont pas des professionnelles mais de simples admiratrices prêtes à succomber à ses charmes ; si la chair est faible elle n’en est pourtant pas aveugle, nous ne sommes pas disposés à leur faire crédit. Le doute s’impose quant à la capacité de séduction d’un artiste sur le retour, d’un vieux douteux, d’un être sans foi ni loi.

La bande organisée aurait pu qualifier celui-là aussi. La justice, hélas, n’a pas le sens de l’humour ni même celui de l’amour tarifé. C’est le bras séculier qui finira par trancher et je n’ose penser à ce qu’il faudrait couper pour mettre un point final aux accusations infondées, ça va de soi.

Le maquereau, toujours sorti de la saumure belge, est un poisson qui nage entre deux eaux, qui frétille dès qu’il voit une caméra et qui ferme le ban(c) quand la vérité transpire. Il ne faut pas pousser le bouchon trop loin : jamais il ne tombera dans les filets d’une justice qui aime à violer nos bonnes consciences en laissant courir, encore longtemps, le chaud lapin. La pêche en caniveau laisse indifférentes les morues.

Décidément rien n’est clair dans cette sombre affaire. L’hôtellerie de luxe n’est plus ce qu’elle était ; les étoiles sont devenues des chandelles que le bon peuple ne veut plus tenir plus longtemps. Je me gausse à l’idée des cours de morale qu’il nous faudra mener prochainement dans nos écoles. Devrons-nous évoquer ce sujet pour illustrer notre propos ? Voilà qui ferait tache dans un tableau où bon nombre de ses collègues ont une carte de visite tout autant chargée que l’homme au pinceau compulsif.

Le juge fera le bête en cour pour laisser filer celui-là comme le précédent. Rien ne changera vraiment au pays des coquins. Tout est permis à condition d’avoir de l’entregent à moins que ce ne soit, oh ! que c’est vilain, de l’entre-jambes … Je me invite au Carlton, nous y ferons une petite sauterie !

Bouffonnement sien

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« Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. » 

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A propos cestnabum

Bonimenteur de Loire
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