L’ombre de la peur.

L’ombre de la peur étend son manteau…Les artisans sont à l’ouvrage. Le rejet de l’autre et l’assignation identitaire sont dans toutes les bouches. Partout dans la société les esprits s’échauffent sur les réseaux et sur les écrans…Les appels à la haine racistes, antisémites et islamophobes. Il faut garder la tête froide et ne pas s’emballer. Pour certains il est question de traquer une « cinquième colonne » ou un ennemi de l’intérieur. Pour d’autres, il faut nettoyer.  Le renvoi à une éventuelle communauté réduirait les individus au groupe et annihilerait toute forme de réflexion personnelle. L’assignation et le marquage tatouerait l’individu de manière indélébile, sans lui permettre d’exprimer la moindre nuance. La sollicitation et le questionnement des religieux est nécessaire mais ne doit pas être englobant et nous n’avons pas à leur demander de définir le pacte républicain. L’état de droit avec toutes ces imperfections existe et tous les débordements haineux sont régis par la loi. Chaque citoyen digne de ce nom en est comptable. En un mot prendre garde à la libanisation des esprits.

 

« Les rues de Paris ne sont plus sûres. » Pierre Desproges

https://www.youtube.com/watch?v=ejVrbqEUnec

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10 commentaires pour L’ombre de la peur.

  1. séverine Suffys dit :

    J’ai été aussi « enseignante de terrain », découvrant et redécouvrant ma pratique au fil des rencontres avec les adolescents et les préadolescents, je co-anime une troupe de théâtre « ouvert sur quartier » dans une grande ville du nord, depuis des lustres. J’ai écrit, pendant ces mêmes années, mes étonnements, mes colères, dans une revue de didactique et de pédagogie du français. Nous avons mainte et mainte fois, avec mes élèves, tenté de prendre en compte le travail de démocratie à l’intérieur d’une classe, de l’individu au groupe et inversement. Avec tous les échecs et les rebondissements que cela implique. Quand on arrivait à faire craquer un tout petit peu ces certitudes, ces a-prioris, ces replis, cette veulerie collective, cette intolérance profonde des uns aux autres… quel « bonheur pédagogique »! Mais cette liberté d’action que l’institution, élèves, parents d’élèves, supérieurs hiérarchiques, me concédait du bout des lèvres quand il s’agissait d’un public dit « en difficulté », s’arrêtait impérieusement quand il s’agissait de remettre en cause les cursus « normaux » du système scolaire. Je lis hier un article dans Télérama, une interview d’Abdennour Bidar, qui me semble effectivement porter et apporter cette lueur d’espoir que je n’ai pas cessé de guetter durant toute ma carrière. Il parle d’un Islam humaniste, d’une « remise en cause des interprétations actuelles du Coran ». Car il s’agit bien d’ « interprétations »: lire, écrire, c’est interpréter. Et le travail de l’intellectuel, et plus généralement de chaque intelligence, est bien de décrypter les textes, les paroles, les images. Travail diachronique et synchronique en même temps, qui active la relecture consciente, comparative, archéologique (à travers les traces et les fragments), scientifique et fictive ( qui ouvre la porte aux alternatives dans le champ des possibles). L’espérance n’est jamais loin, si l’on accepte enfin d’enseigner l’incertitude et le doute, ce qui va permettre de remettre en cause les savoirs déclaratifs, capitalisés et capitalisables. C’est toute la beauté des petits matins qui se lèvent au-dessus des désastres.

    • lacaufeu dit :

      Séverine,

      Merci pour ton commentaire qui a valeur de texte à part entière. C’est vrai l’implication de chacun à travers l’expérience et le questionnement sont absolument nécessaires comme tu l’énonces si bien. L’école de la république, la société française dans son ensemble sa composante immigrée comprise n’ont certainement pas su ou pu dépasser une certaine forme (au sens large) de « colonisation des esprits ». On pourrait évoquer comme clin d’œil cette chanson de Trenet (auteur cher au regretté Cabu) :

      «… Le soleil a rendez-vous avec la lune
      Mais la lune n’est pas là et le soleil l’attend
      Ici-bas souvent chacun pense à chacune
      Chacun doit en faire autant
      La lune est là, la lune est là
      La lune est là, mais le soleil ne la voit pas
      Pour la trouver il faut la nuit
      Il faut la nuit mais le soleil ne le sait pas et toujours luit
      Le soleil a rendez-vous avec la lune
      Mais la lune n’est pas là et le soleil l’attend
      Papa dit qu’il a vu ça lui… »

      Bonne soirée.

  2. cestnabum dit :

    Lacefeu

    Il est des heures de la journée où l’ombre devient immense, celle de la peur ne déroge pas à la règle. Il suffit d’éclairer en plein soleil pour qu’elle se réduise à son plus structe mininum. L’esprit des lumières en quelque-sorte !

    • lacaufeu dit :

      Nabum,

      L’esprit laïque de la république et sa modernité sont entrés difficilement grâce aux « instituteurs hussards de la république » jusque dans les campagnes les plus reculées. Aujourd’hui des discours obscurantistes et archaïques viennent des foyers et pénètrent les cours d’école. Il faut inverser la tendance sans pour autant être assimilateurs . La campagne d’aujourd’hui serait la banlieue. il est nécessaire d’avoir aussi la compréhension des cultures d’origine afin de commencer construire des ponts.

      Bon dimanche.

      • cestnabum dit :

        Lacafeu

        C’est pourquoi ceux qui sont dans cette campagne depuis des années ont appelés au secours, ont évoqué ce qui s’y passait sans être écouté parce que ça ne pouvait être vrai.
        Qu’on cesse de mépriser les enseignants de terrain et qu’on prenne enfin les mesures qui s’imposent !

  3. fatizo dit :

    Il va être difficile de faire la part des choses. Je pense que les musulmans mesurés doivent nous apporter leur aide pour régler ce problème. Des intellectuels de cette communauté prennent la parole dans les médias pour dénoncer les dérives de certains d’entre eux, mais ils ne réussiront pas sans l’aide de ceux qui sont sur le terrain.
    Bonne soirée Lacaufeu.

    • lacaufeu dit :

      Fatizo,

      C’est vrai , l’enjeu c’est le terrain déserté , l’école y existe encore , Elle doit aussi prendre en compte les faits religieux dans leur complexité et leur place. De multiples discours sur l’islam deuxième religion en France sont tenus , Ce n’est pas évident de savoir lesquels sont reçus.

      Bon dimanche.

  4. lacaufeu dit :

    Claudie,

    En écho à votre commentaire.

    « …et les gens peureux sont des gens faibles. »
    Bernard Maris. A propos de la peur 24 janvier 2007
    http://www.ina.fr/video/I15007808

    Bonne fin de semaine.

  5. Il y a déjà des dérives, la peur est mauvaise conseillère.
    Bon week end.

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