Au-delà du silence

Ce que tu crois ne regarde que toi …

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Un évènement dont je tairai le nom a provoqué l’indignation du plus grand nombre et sans aucun doute la jubilation de quelques-uns. J’ai choisi ce jour-là le silence et la méditation au lieu des cris et des formules si dérisoires. Manifester publiquement son effroi, à quoi bon, si ce n’est encore donner raison à ceux qui, dans leur incroyable monstruosité, nous dénient toute humanité alors que ce sont ceux-là même qui s’en excluent de par leurs crimes.

Nous sommes clairement dans une guerre des valeurs : une de ces batailles qui faussent toutes les cartes, tous les principes anciens du vivre ensemble. La liberté, la raison, la fraternité sont autant de concepts qui sont piétinés par des êtres qui n’agissent que pour faire le mal, pour détruire une civilisation à laquelle ils ne se sont jamais identifiés.

Ceux-là sont des barbares, des montres sanguinaires, des lâches qui agissent le plus souvent en usant les dispositifs guerriers les plus vils : la bombe, l’enlèvement, le viol et bien d’autres subterfuges dans lesquels excellent ces individus sans courage. Ils se délectent de la souffrance des autres, ils jouissent de l’agonie de leurs victimes, victimes qu’ils préfèrent choisir parmi les gens sans défense. Ils ne reculent pas à massacrer des enfants dans une école, c’est dire leur degré de virilité !

Ils se disent soldats de Dieu, un dieu qui réclame des vies, qui exige le prix du sang, qui impose la mort à ceux qui ne croient pas en lui. Joli programme que celui-là, un message de paix et de promesses éternelles pour les seuls bouchers et autres assassins ! Les bûchers de l’Inquisition sont devenus les attentats d’aujourd’hui. Même sinistre exploitation d’une illusion divine pour justifier les penchants les plus primitifs d’individus qui ne sont même pas des humains.

Dieu, dans son immense absence, son inexistence absolu, se tait. Qui ne dit mot consent pour son armée impitoyable. Je plains sincèrement les braves gens qui se fourvoient dans la croyance ; ils doivent désormais se ranger dans le camp de ces fous d’un Dieu de guerre au risque de s’exposer eux aussi à leur colère.

Nous sommes dans une guerre qui impose des choix. Se revendiquer d’une foi c’est, à mon sens, porter le glaive tout comme ceux-là. Tous les signes, affichés ostensiblement, signifient désormais une adhésion tacite ou revendiquée à ces thèses de l’horreur et du néant. Ne pas affirmer cette vérité première, c’est continuer de fermer les yeux en plein cœur de la bataille qui fait rage.

Le fait religieux ne peut être qu’intime, personnel, silencieux et discret. S’il se considère autrement, il devient provocation et agression. La foi n’a besoin d’aucune démonstration de force, d’aucun uniforme, d’aucune croix pour s’épanouir dans la conscience des croyants. Porter un signe de reconnaissance, c’est endosser l’habit des guerriers, c’est porter avec eux le fer et le feu dans les rangs de tous les autres.

C’est bien le silence qui s’impose. Un silence assourdissant qui exige de chacun de taire ses opinions religieuses. La cité doit être un espace où règne l’athéologie dans le respect d’une parfaite et totale neutralité. La spiritualité ne doit pas sortir du foyer ; elle doit se limiter à la seule conscience de celui qui croit ou ne croit pas. L’expression même d’une opinion en ce domaine relève de l’insidieux venin de la provocation dans le contexte du moment.

Ce n’est donc pas aux seuls musulmans que s’adresse cette supplique mais à tous ceux qui font étalage d’une croyance ou d’une conviction. L’intime ne relève pas de la place publique ; Dieu, qu’il existe ou non, n’a d’autre place qu’au plus secret de votre conscience. C’est d’ailleurs bien pourquoi ceux qui pratiquent ces horreurs se disqualifient eux-mêmes devant leur supposée idole. La vie humaine est sacrée, avec ou sans foi pour étayer cette affirmation consubstantielle à toute humanité.

Ontologiquement leur.

« S’il y a quelque chose de plus poignant qu’un corps agonisant faute de pain, c’est une âme qui meurt de faim de la lumière »

Victor Hugo

Quand je vois le dessin, je sors mon révolver.

par lacaufeu

« Wenn ich Kultur höre … entsichere ich meinen Browning !. » « Quand j’entends parler de culture… je relâche la sécurité de mon Browning ! »

Cette phrase de Hanns Johst  souvent prêtée à tort à Herman Goering est issue de la pièce pro-nazie Schlageter écrite en 1933. Les Gott mit Uns (« Dieu avec nous »)

Les religieux d’aujourd’hui, qu’ils soient orientaux ou non, n’autorisent pas la critique contre la religion, même quand ils ne la connaissent pas. Elle gangrène leur esprit depuis les grottes.

Cette critique,  ils l’ont menée avec courage, les Charb, les Wolinski, les Tignous, les Cabu – martyrs de Charlie Hebdo tombés aujourd’hui sous les balles fascistes des radicaux  religieux. Je repense à toutes les charges subies par les soi-disant blasphémateurs. Mais aussi à tous les bienpensants qui trouvèrent scandaleux les atteintes à la pudeur et qui demandent l’interdiction de toute critique de leur foi en mettant en avant la décadence de la nation.

En septembre dernier, je me suis retrouvé près de Wolinski sans penser qu’il allait partir. Pour moi, cet homme de 80 ans que j’avais toujours lu depuis Reiser était aussi éternel que la liberté de faire un dessin. Et je ne lui ai rien dit, il faisait partie de mon décor républicain et démocratique … J’écoutais parfois les chroniques de Bernard Maris, l’«Oncle Bernard» de Charlie, le matin dans ma voiture…elles n’auront plus lieu. Encore un mot pour finir, vous avez le droit de croire et de aussi ne pas croire, mais alors pas du tout, et de le dire bien haut.

Mort aux cons !

par jean-michel plouchard

Reiser avait coutume d’utiliser cette expression, et elle dit ce qu’elle veut dire. Malheureusement, l’on sait que si l’espèce bipédique en compte des milliards, il en est parmi ceux-ci qui défient toutes les lois de la connerie. C’est sans doute parmi eux que l’on trouverait ceux qui ont massacré aujourd’hui Charb, Cabu, Wolinski et pratiquement toute la rédaction de Charlie Hebdo. Alors « mort aux cons ! », oui, mais outre qu’il y aurait un sacré boulot, peut-on simplement qualifier de  cons ces sinistres microcéphales assassins sanguinaires qui savent mieux utiliser un couteau d’égorgeur ou une kalach qu’ils ne savent aligner deux phrases, voire deux mots en dehors d’un Allah akbar dont ils ne connaissent même pas le sens.

N’étant pas de l’espèce des assassins, j’aimerais simplement que s’ils rencontrent leur Allah un jour, il leur apprenne chaque jour comment l’on peut jouir et réjouir de jour en jour durant toute l’éternité frappé par une rafale de kalach en attendant la rafale qui les frappera demain…

Le dernier dessin de Charb était prémonitoire…

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A propos cestnabum

Bonimenteur de Loire
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4 commentaires pour Au-delà du silence

  1. fatizo dit :

    On voudrait ne pas être guider par la colère, mais c’est très difficile face à de tels monstres.
    Bonne soirée CNabum

  2. Pour moi c’est plus facile de m’indigner que de commenter cette barbarie.
    Bonne soirée

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