Où vont les patins quand ils dorment ?

La roue tourne …

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Les vacances de Noël vont tirer leur révérence. Un peu partout dans le pays, des hommes vont s’activer pour que tout rentre dans l’ordre. Les illuminations et tout le décorum lié à la fête de la nativité vont retourner aux oubliettes durant onze long mois. Il faut d’ailleurs rendre hommage à ces anonymes de la rue qui, paradoxalement, œuvrent dans l’ombre pour nous éclairer !

D’autres vont aussi démonter leurs petits chalets. Les marchés de Noël poussent comme des champignons. Ils constituent une formidable manne pour les loueurs ou les vendeurs de baraques de l’éphémère. Puis, janvier revenu, tout ce bel attirail va dormir lui aussi jusqu’à la prochaine frénésie acheteuse. Quelle belle gabegie !

Mais le plus surprenant dans cette folie consumériste est, sans nul doute, l’irruption saisonnière des patinoires démontables. Chaque ville digne de ce statut doit, le temps des vacances, offrir à ses jeunes administrés de quoi déraper à satiété. C’est aussi une belle pirouette pédagogique pour préparer la jeunesse à la subtilité du monde politique où le dérapage est la règle commune.

Qu’elles restent de glace ou qu’elles se fassent synthétiques, elles sont partout, de toutes tailles et de toutes formes. La patinoire de Noël tend à devenir la nouvelle référence de l’animation réussie, un peu l’équivalent de la grande roue qui, depuis quelques années, a elle aussi, pignon sur rue commerçante.

Ainsi donc pour ces vacances, vous aviez le choix entre prendre de la hauteur et accessoirement froid ou bien vous retrouver les fesses par terre pour parvenir au même résultat. L’imagination des spécialistes de l’animation est sans limite quand il s’agit d’imiter le voisin. Gare à celui qui va innover, chercher une autre manière d’amuser le bon peuple ; les moutons n’aiment rien tant que de faire tous la même chose.

Mais, point de persiflage ici. Il y a un sujet bien plus préoccupant en la circonstance. Que deviennent les patins quand ils dorment tout le restant de l’année ? Vieux rebuts des patinoires officielles, des installations en dur qui doivent voir d’un fort mauvais patin cette concurrence déloyale et ponctuelle, ils sont en si mauvais état qu’il n’est pas envisageable d’espérer les brader lors d’une vente promotionnelle.

Que deviennent donc ces merveilles olfactives après avoir aspiré toutes les senteurs plantaires d’une population en exercice physique ? On peut s’interroger sur le réceptacle de ce concentré odorant de toutes nos dérives hygiéniques. Il doit y avoir un joli bouillon de culture qu’il serait bon d’exploiter plutôt que de le laisser croupir dans l’oubli.

On ne saurait trop conseiller à ces saisonniers du patinage de la nativité de refourguer leur surplus aux caves de Roquefort pour accélérer la venue du mycélium. La gastronomie nationale en sortirait grandie. On peut encore confier les stocks abandonnés aux parfumeurs afin qu’ils en tirent la quintessence de nos arpions : le prochain et fulgurant succès des eaux de toilettes et déodorants douteux pour renouveler aussi l’odeur de sainteté   des myroblites modernes;  qu’ils se démarquent enfin des anciens avec  des  senteurs du terroir  neuves et fortes au lieu de ces mièvres effluves roses-violettes , si convenus  !

Il se peut que quelques scientifiques, à la recherche de la prochaine arme de destruction massive, puissent eux aussi prétendre à exploiter ce gisement inespéré et parfaitement délaissé. Il est possible qu’il faille alors penser à l’exportation vers des pays émergents, plus à même, sans doute, de tirer profit de ce filon mirifique. On brade bien d’autres trésors nationaux ; il n’y a aucune raison que cela cesse.

D’autres idées peuvent aussi germer dans l’esprit de quelques lecteurs aussi dérangés que je puis l’être : il n’y a aucune raison qu’ils échappent à la chose. Dans ce cas, je leur demande expressément de communiquer au plus vite leurs suggestions afin que nous cessions de laisser à l’abandon ce qui devrait constituer la matière première du renouveau de notre nation. Un pays qui a autant de fromages ne peut laisser passer une telle opportunité. Merci à tous les futurs contributeurs !

Dérapagement leur.

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A propos cestnabum

Bonimenteur de Loire
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Un commentaire pour Où vont les patins quand ils dorment ?

  1. Que faire de ces patins? Récupérer les lames et les recycler chez les bouchers de quartier, ça doit couper ces trucs là ou alors les envoyer dans les pays pauvres, bon je sais c’est plus souvent des pays chauds, ça va leur faire une belle jambe.
    Allez on les garde, l’année prochaine ils referont trois petits tours et s’en iront. Mêm près de chez moi la ville de moins de 10 000 habitants avait sa patinoire en synthétique, toute petite mais là quand même et en juillet ce sera la plage artificielle alors que nous habitons à 15 km de la Manche, c’est à mourir de rire.
    Mes meilleurs voeux.

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