Vous avez le bonjour du Burkina !

Les gens sont mesquins …

Internet_Pirate_Flag_by_Joshernaut

Je devine qu’il se trouvera des lecteurs pour confirmer le titre et penser que je n’ai que ce que je mérite. Je les remercie par avance de leur sympathique affection. Quant aux autres, je les invite à suivre les déboires d’un pauvres idiot, toujours prompt à faire n’importe quoi, pour se faire remarquer, diront les premiers, par maladresse, penseront les plus indulgents.

J’ai donc commis l’imprudence de partir au Burkina-Faso sans papier, sans argent et sans le savoir moi-même. L’aventure pourrait sembler extraordinaire et parfaitement incroyable si je n’étais pas tête en l’air et toujours dans l’imaginaire. Avec un bonimenteur, tout est possible, surtout quand son terrain de jeu est la toile !

Or donc, il faut prendre pour certain ce voyage subit et imprévu, d’autant plus sérieusement que c’est par l’entremise d’internet que fut diffusée la nouvelle. Personne ici-bas ne mettra en doute la parole écrite : celle qui vient des nuages. Il fallait donc s’y résoudre : j’avais fait une fugue africaine sans aucune préparation.

Ce qui devait arriver, arriva. Insouciant et ignorant les recommandations de notre bon président, j’ai rencontré de graves ennuis. Je ne peux vous expliquer lesquels, les informations dans ces cas-là sont toujours sujettes à suspicion et enveloppées d’un épais brouillard. On peut imaginer bien des choses, prise d’otage alors que la France, officiellement n’en a plus pour l’instant, aventure rocambolesque avec séquestration par une famille outragée, ennuis en cascades en plein désert.

Tout est possible de nos jours et il ne faut s’étonner de rien. Le monde ignorant tout de mes déboires, ce sont des bonnes volontés anonymes et sans doute exotiques, qui se sont chargées de transmettre le message d’alerte à tous mes amis, relations de travail et de loisir. Tous ceux qui échangent avec moi des courriels furent ainsi les premiers avertis d’ennuis dont j’ignorais jusqu’à l’existence.

Pour ce faire, des personnages interlopes avaient pénétré ma défense cybernétique, s’étaient emparés de mes codes confidentiels et avaient usurpé mon identité virtuelle. On pourrait saluer la prouesse si elle ne s’appuyait sans doute sur une stupidité de ma part. Quand on tend le bâton pour se faire battre, on ne peut ensuite s’indigner des coups reçus. La leçon ne sera hélas pas salutaire, car nos lascars masqués useront toujours de plus de rouerie pour leurrer le béotien crédule.

Mais revenons à nos moutons et à votre idiot de narrateur. Les moutons étaient mes relations que les bandits voulaient tondre. Ils n’y allaient pas par le dos de la cuillère et réclamaient à chaque personne dont l’adresse figurait sur mes contacts, une somme de plus de 2 000 euros afin de me retrouver en bon état.

Croyez-vous qu’ils obtinrent gain de cause et que le crime profite toujours ? Fort heureusement, nul ne songea à me venir en aide, bien au contraire, une souscription fut immédiatement lancée afin que me ravisseurs me gardent définitivement avec eux. Les gens sont mesquins !

Voilà, vous savez presque tout de cet épisode navrant de mes aventures nébuleuses. La farce déjouée, le pire était alors à venir. Je n’ai plus aucun contact. Toutes les adresses se sont envolées dans l’escarcelle malhonnête de ces gens indélicats qui ne me rendront jamais mon bien. Complices objectifs de la grande maison google, ils me contraignent à changer de crèmerie. C’est vers la poste que je me tourne pour espérer des jours plus sereins.

Mais comment avertir de ma nouvelle adresse tous ceux qui faillirent se faire détrousser par ma faute ? Ont-ils encore envie, du reste, de se fourvoyer avec un maladroit congénital, un berlaudiaud de la toile ? Je comprendrais aisément qu’ils me tournent le dos, d’autant que je ne l’ai pas aussi large que je veux bien le laisser croire. Pour les plus courageux, il me faut profiter de ce billet pour leur transmettre indirectement la clef de ma nouvelle porte sur le monde. Il leur suffira de transformer le premier « n » en un « m » plus conforme aux principes orthographiques tout en changeant d’opérateur.

Au plaisir de vous lire si vous parvenez à déjouer les chausse-trappes d’internet. Vous avez le bonjour du Burkina ; ce fut une bien belle aventure. Je vous dispenserai de la soirée-photographies ; j’ai décidé de garder pour moi seul ce joli voyage virtuel et cette belle escroquerie numérique.

Couriellement vôtre.

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A propos cestnabum

Bonimenteur de Loire
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