Mes soucis, mes dénis, mes phobies.

Vos emmerdes ….

Puisque la mode est aux petits déballages de nos perversions quotidiennes, de nos manquements à la loi commune, de nos fautes inavouées et de nos péchés pas si mignons que ça, je vais à mon tour, à l’instar de ce pauvre Thomas le taquin, céder à la confession publique. Mes soucis, mes dénis, mes phobies n’auront plus de secrets pour vous. Au nom de cette transparence que nous réclamons à cor et à cri, voici venu pour moi le temps du déballage impudique !

J’ai bien des défauts effroyables, des vices insupportables et des troubles qui relèvent davantage de la pathologie que du simple biais Ils se mettent en travers de ma vie sociale, ils viennent interférer dans ma vie quotidienne. Ils sont un fardeau et une tare, un boulet pour mon entourage et un croix pour la société. Fort heureusement, j’assume vaille que vaille et je ne fais pas comme certains qui refusent de porter le poids de leurs fautes.

À l’instar de mon coreligionnaire en crise phobique, je voue une haine sans nom à tous les papiers administratifs, formulaires à renseigner, enquêtes à compléter et statistiques à établir. Je suis en colère dès qu’il s’agit de recopier pour la énième fois le même document qui revient ainsi chaque année. Jamais, oh, mon dieu, que j’ai honte à l’écrire ! je n’ai même, jamais, rempli une seule déclaration d’impôts, ayant toujours trouvé âme charitable pour suppléer à ma carence. Précisons, que n’étant pas secrétaire d’état, j’ai néanmoins scrupuleusement payé la taille car j’ai opté, connaissant le mal qui me ronge, pour le prélèvement automatique.

À l’opposé de mon camarade, j’ai également la phobie des mondanités. Si l’autre s’y comporte comme en territoire conquis, s’il s’y sent comme un poisson dans l’eau, je suis incapable de bien me conduire dans ces réunions convenues, ces rassemblements de la frivolité et de la prétention. Je suffoque, je m’insupporte et finis toujours par prendre la poudre d’escampette. Voilà bien une lacune irréparable dans ma quête désespérée vers la reconnaissance.

Pour aggraver encore mon cas si nécessaire, je refuse de céder au narcissisme de la photographie. Je pose, tu t’exposes, il s’affiche, elle se donne ; et tous de jouer de leur image, de l’étaler un peu partout, de chercher la caméra, de tirer la une à soi. Avoir sa tronche dans le journal, étape indispensable à la célébrité, me semble être la plus effroyable vanité qui soit. Alors je me terre, je me cache, me refuse aux clichés. Comment faire carrière dans la vie publique quand on est un ours mal léché ?

Conscient que dévoiler ainsi tout ce qui fait de moi un être infréquentable n’est pas de nature à me concilier l’estime de la multitude, j’enfonce encore un peu plus le clou en reconnaissant que c’est précisément la multitude qui me révulse. Je fuis la foule, elle m’effraie, elle me fait perdre tous mes moyens ; elle est pour moi monde hostile et inquiétant. Dieu, que ces troupeaux humains, agglutinés à un spectacle, une manifestation ou bien une cérémonie me sont souffrance et effroi !

Que me reste-t-il pour rester un être social et agréable, fréquentable et aimable ? La question mérite d’être posée sans pour autant lui trouver réponse satisfaisante. Je n’ai même pas ce petit «  je ne sais quoi » d’exploitable pour rendre service aux miens ou aux autres. Je vomis l’idée de bricoler, de faire quelque chose de mes mains. Aucune construction, pas la plus petite réparation, rien de ce qui se monte ou se démonte ne trouve grâce pour mes maudites paluches. Je suis bon à rien et impropre à tout ! Voilà la terrible vérité qu’il faut regarder en face.

Mais, j’y pense. J’ai tant et tant de défauts, tant et tant de phobies sociales, de tares et de folies qu’il me vient un fol espoir. N’aurais-je pas le profil idéal pour me lancer en politique ? J’ai véritablement toutes les compétences pour exceller dans cette activité qui repousse à la marge tout ce qui fait un humain parmi les autres. Je ne suis qu’un gibet de jactance, un moulin à discours creux, un jacasseur impénitent. Voilà bien le seul refuge qui me soit accessible : mes soucis, mes dénis et mes phobies seront mes atouts. Quant aux emmerdes, naturellement, je vous les laisse !

Phobiquement vôtre. 

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A propos cestnabum

Bonimenteur de Loire
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2 commentaires pour Mes soucis, mes dénis, mes phobies.

  1. fatizo dit :

    Je vois que nous avons beaucoup de points commun, y compris pour le bricolage. Je suis nul.
    Bonne soirée CNabum

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