Comme une bretelle d’autoroute….

Le jour s’assied  sur un banc que l’écriture ne comprend pas….Les images remplacent les images, orphelines des mots, elles lessivent les yeux. Grand lac des idées qui flottent en  tous sens… Cadavres de lumière servis sur le tapis vert… Alors le rêve s’énerve de plus en plus…. C’est l’agacement permanent. La douleur qualifiée de la douceur vacante. Tempo littéral qui valse les moustiques en short. Piqures d’insectes qui ombrent les instants du marché. Les géants sont les écrans pas les joueurs  ….combien de croyances rampent sur les pistes dévoyées par les miroirs… Jolis mouroirs au kilométrage de l’âme. Soupirs saisissants des maillots virtuels. La projection mentale arbitre le discours. C’est l’endormissement d’une chaussure qui navigue sa rengaine du « ah mais je connais cette action  »… Sourire en forme de bouche au sortir d’un vol. Soudain le ticket meurt d’avoir perdu son client. Commenterais-tu ton match à l’aveugle ? Lui faire avaler une soupe de plus et faire la montre. Course de leurres du pour ou contre la récompense…Quel clown donnera  sa note au quotidien de la retape. Cirque de la fanfare inquiète qu’une boule taguée vienne raser les murs ….les tirs de bouchons cassent les primes et les pattes. Des héros ailés tournoient dans le ciel de nos albums d’enfants. Ils se sont envolés pour toujours.  Partage du pain pixel mon frère, ma sœur, le rite du passé sacrifiait le cœur des icônes…. prix modique de l’abonnement sur l’autel du délire. Un singe à roulettes saute depuis l’écran, une réservation à la main. Il suggère en prière : suis-moi, rejoins- moi. Oublions les arbres et remontons l’échelle….son casque vibre à outrance et pousse des petits cris. Rejet de la transe macabre. Les gradins s’agglutinent et crachent des chants frénétiques. Le ballon se frappe la tête contre la barre qui se fendille et soudain les buts se mettent à pleurer. Les poteaux s’affaissent sur le jeu oublié comme une bretelle d’autoroute*. Stade de pleurs et tours de passe-passe des magiciens à la retraite. L’enceinte déborde sur la toile qui ne retient même plus l’eau. Depuis quand la marée filme son propre regard…..Depuis quand ? De toute façon même les plages manquent de sable.

 

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2014/07/03/bresil-une-bretelle-d-autoroute-s-effondre-a-belo-horizonte-ville-d-accueil-du-mondial_4450770_3222.html

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5 commentaires pour Comme une bretelle d’autoroute….

  1. jean-michel plouchard dit :

    Il me semble avoir lu quelque part que le foot était devenu le nouvel opium du peuple (parmi d’autres), mais je dois lire un peu trop.
    Bonne soirée à toi.

  2. Petite marrante dit :

    Un texte comme un rêve… Superbe !
    Cette conductrice de car morte sous l’effondrement de la bretelle d’autoroute, c’est très triste mais ça n’a pas fait la une des médias en tout genre. Mais si ce car avait été celui d’une équipe de foot du mondial ou bien celui de supporters, alors là quel pataquès ça aurait fait!!!!
    Des bises cher Lacaufeu.

    • lacaufeu dit :

      L’équipe du Brésil disparue des écrans, Une bulle percée sous la pluie de la réalité.vécue comme un drame mais par qui au juste……

      Merci bises à toi.

  3. lacaufeu dit :

    Nabum ,

    Auriez-vous lu « L’angoisse du gardien de but au moment du penalty » de Peter Handke publié en 1970 et adapté en 1972 au cinéma par Wim Wenders….C’est drôle vous êtes la deuxième personne qui me renvoie vers ce texte.que j’avais oublié
    L’Allemagne réunifiée joue ce soir une demi-finale de coupe du monde contre le Brésil….

    Merci à vous.

  4. cestnabum dit :

    Lacafeu

    Le dernier tour de piste de la nostalgie, l’angoisse d’un monde sans envie, le délire des temps imposés … Merci

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