Le macaron à la mode de chez nous.

Examen de conscience

Si on ne touche pas le fond, on s’y prépare.

ameixajaponesa

J’ai eu le privilège d’être convié à la correction de l’épreuve écrite de français du Certificat de Formation Générale, session réservée aux candidats libres et aux collégiens qui ne sont pas en Segpa. J’ai pu donc juger, grandeur nature, de la considération de nos responsables pour les élèves en difficulté , tout en comparant le niveau de ces candidats à celui de nos élèves repérés comme étant en échec scolaire.

Le sujet déjà m’a laissé sur ma faim. Quelle idée de ces jeunes peuvent avoir ceux qui leur ont servi un sujet aussi indigent et de si peu d’intérêt ? Je m’interroge encore et je me dis que jamais je n’aurais proposé à mes élèves un texte de réflexion aussi creux. Mais je suis sans doute un vieux dinosaure qui doit bientôt débarrasser le plancher et il est grand temps que je laisse la place aux tenants de l’abrutissement général.

Un article documentaire relatant la formidable aventure du macaron de la Syrie à Paris, son retour en grâce récent, voilà qui est exaltant surtout en 9 lignes d’un gros caractère. Puis, naturellement, une recette de cuisine pour réaliser cette merveille et reléguer ces sous-élèves au statut de simples exécutants de tâches basiques, pour compléter la feuille d’examen.

Je pensais être au bout du mépris quand je découvris le questionnaire de compréhension noté sur 10 et pour lequel il n’était même pas besoin de répondre par une phrase construite. Voilà ce que l’on exige des bons ouvriers, obéissants et limités que l’on veut exploiter à l’avenir. Deux questions sont mêmes accompagnées de différentes propositions dont une seule est vraie. Le QCM arrive chez nous aussi.

Les questions sont si simplistes qu’il suffit d’un mot pour avoir la bonne réponse ; le seul piège notable étant de ne pas répondre Paris quand on demande à ces brillants cerveaux le nom du pays où le macaron prend son essor. Je vous fais grâce des autres questions qui sont si simples que beaucoup de candidats ont déjà obtenu 10 avant de tourner la page.

Car tout devrait se jouer sur la redoutable épreuve d’expression écrite. Celle qui permet de juger de la réflexion personnelle, de la structuration de la pensée, de la qualité de l’écriture et éventuellement de l’orthographe. C’est du moins ce que j’espérais trouver comme attente institutionnelle de cette grande institution nationale.

Que nenni !Avec un texte de référence aussi médiocre, le sujet est forcément tiré par les cheveux . Je vous en livre l’énoncé en ayant le sentiment de porter sur mes épaules l’indignité d’une telle bassesse : «  Manger des macarons est actuellement à la mode. À quels phénomènes de mode êtes-vous sensible (nourriture – vêtements – technologie – loisirs – cinéma – télévision) ? Pensez-vous qu’il faut respecter la mode ? Rédigez un texte de dix lignes minimum. »

La première remarque est la mise à mort du subjonctif. Celui qui a pondu ce formidable sujet s’en dispense aussi pour ne pas mettre les élèves en difficulté. Reconnaissons-lui un sens aigu de la vulgarisation et n’ayons pas peur de le dire, du vulgaire également, quand on constate à quel niveau d’expression il ouvre la porte. Tous les éléments qui sont en passe de détruire l’intelligence collective sont convoqués ici. Pauvre France !

Cette rédaction (peut-on oser nommer ainsi ce petit jet insignifiant ?) est accompagnée d’une grille de correction qui ne laisse guère d’ambiguïté sur la nécessité de donner à tout le monde cette simple formalité administrative. L’huissier scolaire (comment se prétendre correcteur dans un tel contexte ?) doit renseigner 5 items sans plus d’explication d’ailleurs :

  • Écriture lisible sur 2 points

  • Phrases correctes sur 3 points

  • Texte cohérent sur 2 points

  • Texte pertinent sur 2 points

  • Consignes respectées sur 2 points

Il eût été plus utile de demander un long développement pour comprendre la distinction entre la cohérence et la pertinence. Mais ce n’était pas nous qui devions faire preuve de réflexion ; nous sommes des enseignants de base, de simples machines à valider une formation qui ne remplit plus sa mission. Notre administration ne nous en fait d’ailleurs pas grief puisque l’orthographe est oubliée comme critère de notation, la structuration de la pensée également ; nous n’en demandons plus tant désormais.

Je vous avoue que lire les 26 œuvres littéraires que j’ai eu l’honneur de juger fut un grand moment. J’aurais dû corriger un paquet de 37 copies, mais les élèves eux-mêmes ne sont pas dupes de la mascarades puisque onze d’entre eux ne s’étaient même pas donné la peine de venir à l’épreuve où on les avait inscrits. J’eus droit à des productions relativement lisibles ; ce fut d’ailleurs une bonne surprise et une différence notable avec quelques élèves de Segpa qui n’en sont pas à ce niveau-là.

Quant au contenu, j’ai pris quelques notes et n’ose vous faire part des cogitations d’exception auxquelles se livrèrent les candidats. Pour tous, quand ils évitent le piège du hors-sujet ( 3 n’ont traité que de ce qu’ils mangeaient sans évoquer l’idée même de mode), les autres étaient tous d’accord : la mode, il faut la suivre en faisant naturellement ce qu’on veut.

Vous pouvez apprécier la subtilité d’une formulation qui pourrait paraître paradoxale si nous avions à juger d’un raisonnement. L’idée va même jusqu’à son paroxysme avec une copie sur laquelle un brillant dialecticien définit la mode comme l’art de se démarquer des autres. Un futur philosophe affirmant sans plaisanter que suivre la mode c’est d’abord se respecter soi-même.

Je vous sers ici le meilleur d’un contenu d’une telle platitude que les reliefs de la table furent de belles perles. Car nos élèves devaient naturellement citer un domaine où s’exerçait cette belle tyrannie qu’on désigne par Mode. Les vêtements se taillèrent la part du lion, nous ne pouvions y couper ! C’est surtout le regard des autres qui était en toile de fond sans jamais être désigné comme une obligation de fait pour éviter de subir moqueries et sarcasmes.

La puissance du matraquage commercial joua aussi à plein effet puisque le téléphone fut cité en de multiples occasions. C’est un objet qu’il faut changer pour suivre les évolutions techniques mais surtout pour se situer vis-à-vis de ses pairs. Pauvres gamins, incapables de comprendre ce piège qu’ils décrivent presque avec ferveur.

Enfin le football est venu en plusieurs occasions polluer des copies. Pour ces grands sportifs, c’est d’abord une mode et j’en reste encore à me demander comment juger de tels virtuoses de la plume. Je ne veux pas aller plus loin dans l’analyse des contenus. Aucune copie ne dépassait les douze lignes ; l’économie de moyen est sans doute un phénomène de mode là aussi.

Je ne voudrais pas vous laisser croire qu’il n’y eut pas des merveilles. Je vous offre celle-ci : «  La technologie est une porte ouverte vers les lumières ! » J’ignore encore ce que le candidat voulait vraiment écrire mais c’était diablement beau. Ce billet sans saveur s’achève avec la plus belle conclusion qu’il me fut donné de lire. « Je pense que la mode d’aujourd’hui devrait rester dans les années à venir ! »

Futilement leur.

Le macaron, une petite douceur pleine d’histoire

 

Né au XVe siècle sous le nom de Louzieh en Syrie, il a traversé  l’Italie et  tous les recoins de la France pour aboutir enfin à Paris en 1830. C’est seulement à cette période que les deux coques s’unissent autour d’une confiture dans un premier temps et ensuite de la célèbre ganache.

Mais ce n’est qu’en 1830 que la véritable recette du macaron a vu le jour. Et pour cause, les coques de macaron se sont enfin réunies, soudées par une confiture. Et c’est la maison Ladurée qui officialise la recette du macaron en remplaçant la confiture par la ganache.

Un succès qui revient avec les blogs et les émissions culinaires qui donnent l’envie à chacun de perpétuer la recette du macaron en y apportant sa touche personnelle. La grande tendance du moment est de créer des recettes de macarons salés.

http://www.rtl.be/pourelle/article/le-macaron-une-petite-douceur-pleine-d-histoire-201663.htm

Macarons inratables

Temps de préparation : 40 minutes
Temps de cuisson : 10 minutes

Ingrédients (pour 4 personnes ) :

– 1 blanc d’oeuf
- 74 g de sucre glace
- 42 g d’amande en poudre
- 10 g de sucre en poudre
- 1/2 cuillère à café de colorant alimentaire en pâte


Préparation de la recette :

 

Commencer par mixer le sucre glace avec la poudre d’amande dans un mixeur. Passer au tamis (il faut que la poudre soit la plus fine possible, enlever les impuretés). Battre le blanc en neige, et ajouter les 10 g de sucre, et le colorant, peu à peu en mixant jusqu’à ce que les blancs soient bien figés. Ajouter le sucre glace + les amandes en poudre au blanc en neige et mélanger délicatement avec une spatule afin de « casser » un peu les blancs. Mettre la pâte à macaron dans une poche à douille et faire des petits tas sur une plaque recouverte de papier sulfurisé. Laisser reposer les macarons pendant 15 min. Enfourner la plaque de macarons sur une plaques déjà chaude dans le four pour 10 min à 140-150°C (thermostat 4-5) chaleur tournante et porte entrouverte.

 

Une fois cuits, sortir la plaque du four, et verser un peu d’eau sous la feuille de papier sulfurisé. Cela va dégager de la vapeur qui permet de bien décoller les macarons

 

Il ne reste plus qu’à les fourrer avec la ganache de votre choix !

http://www.marmiton.org/recettes/recette_macarons-inratables_72497.aspx

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A propos cestnabum

Bonimenteur de Loire
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2 commentaires pour Le macaron à la mode de chez nous.

  1. cestnabum dit :

    claudielapicarde

    Une mode qui ne repasse pas, il fallait le faire (fer)
    La vapeur n’attend pas le nombre des années

  2. Plus le niveau est bas mieux c’est enfin c’est l’image que ça donne ce genre de question.
    Le principe de la mode c’est d’être vite passé donc si elle reste dans les années à venir ce n’est plus la mode.
    Houla ça va mal.
    Amitiés.

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