En juin, soyons fous !

Au bout du rouleau …

10433749_1496746963892739_2662516701998151091_n.jpg

Le mois de juin ne devrait pas exister. C’est le moment de l’année le plus éprouvant qui soit ! Vous êtes encore au travail, mais votre esprit vagabonde à l’idée de ces vacances qui s’annoncent, si proches déjà . Pourtant, ce sont les échéances les plus délicates qui s’offrent à vous.

Il vous faut subir encore les conseils de classe : cette cérémonie prétentieuse et si inutile qui vous laisse jusqu’à pas d’heure dans votre collège. Sans parler des examens qui prennent un malin plaisir à vous convoquer ici ou là, à tronçonner la fin d’année, à démontrer aux quelques élèves opiniâtres que la fin ne justifie pas le chagrin. Le pire de tout enfin : les innombrables et fastidieux documents administratifs à renseigner alors que vous savez, par expérience, que jamais personne ne viendra les consulter.

10498141_1497203477180421_2293399021918079480_o.jpg

La lente érosion des classes, le beau temps qui incite les élèves à rester chez eux, la Coupe du Monde qui autorise les plus acharnés à rester en éveil jusqu’à point d’heure. Que pouvez-vous faire dans un tel contexte délétère ? D’autant que, vous aussi, n’êtes pas à l’abri des sirènes extérieures. Ces jours qui n’en finissent pas sont chargés de sollicitations multiples et variées.

Juin est un enfer paradisiaque dans lequel vous plongez avec délices. Festival de jazz, manifestations champêtres, Fête de la musique, barbecues, repas en plein air, pot de fin d’année, départs en retraite … Il est impossible de répondre à toutes ces propositions ; vous vous épuisez en sorties déraisonnables.

10338403_1496746970559405_2187242468261297048_o.jpg

Le sommeil vient à vous faire défaut. Les journées s’éternisent, vous parvenez au bout de vos forces à remplir ces plus de quinze heures de grand jour. Vous menez un marathon qui épuise votre porte-monnaie et votre santé. C’est ainsi que vous apprécierez le grand vide que seront ensuite les vacances.

Je n’échappe pas à cette folie « juniale » qui nous emporte dans un tourbillon endiablé. Je suis le mouvement ; plus exactement , je fais en sorte de le précéder et plus encore, de me donner à moi-même le bâton pour me battre. Après avoir tenu durant trois soirées la buvette « l’Accoudoir » en compagnie de mes amis d’ABCD au jardin de l’évêché, je suis allé animer une soirée quelque part au milieu de la Sologne.

10428367_1496745710559531_6520395245006903278_o.jpg

Ce qui devait être une calme fête d’anniversaire tourna au plus insensé carnaval grand-guignolesque. Des convives perchés sur les chaises, des danses tourbillonnantes, des délires qu’il faut taire, nous emportèrent au bout de la nuit. Sorti épuisé, de cette bacchanale joyeuse, je ne disposais plus que d’une brève heure de sommeil avant que de devoir rejoindre la Loire à Contre-Courant de mon ami Loire en Bretagne.

Petit détail qui montre qu’en juin, la raison nous fait souvent défaut : la fête en question était à près de 350 kilomètres de là. Qu’à cela ne tienne : j’avais lancé un appel pour trouver un chauffeur, fournissant de mon côté l’automobile. Je trouvai plus fou que moi pour répondre à l’appel de la Loire et de la marée …

10415644_1496746783892757_82549480861098846_n.jpg

Huit heures de voiture pour neuf heures sur place à raconter des histoires et retrouver des amis. Il ne faut pas s’étonner ensuite que le corps ne puisse tenir pareil traitement. Je rentre sur les genoux avant que d’affronter le dernier conseil de classe de mes années de collège. Aurai-je l’esprit suffisamment clair pour rendre compte de cette année surréaliste en compagnie d’une troupe comme jamais je n’avais eu le déplaisir de croiser la route ? Je ne me pose même plus la question.

Je préfère repenser à ces jolis instants passés à Oudon. Aux efforts incroyables de notre Valéry(le fameux Loire en Bretagne) pour créer une belle manifestation en dépit du renoncement de la mairie (c’est assez fréquent désormais en cette période de restrictions budgétaires), des tergiversations des mariniers qui n’aiment pas changer leurs habitudes, de la coupe du Monde des enchaînés à leur téléviseur et de la concurrence de bien d’autres programmes, tout aussi alléchants les uns que les autres …

10492508_1496746757226093_2054777246848320372_n.jpg

J’y retrouvai les agités du Bouzin, deux aussi furieux que sympathiques musiciens, animateurs, chanteurs qui sont capables de transformer une fête qui ronronne en une sarabande incontrôlable. Ces deux-là, je vous les recommande, à la condition que vous ayez assez d’espace à votre disposition pour ne pas importuner les voisins. Je mêlai à leurs sonneries armoricaines quelques Bonimenteries à ma façon pour faire de cette première, un moment dont les visiteurs impromptus se souviendront.

L’émotion fut, elle aussi, au rendez-vous de cette belle manifestation puisque la famille de notre ami Sébastien, disparu en Loire cet hiver, était présente pour le baptême d’une embarcation qui portera maintenant son prénom. Après les rires, quelques larmes nous rappelèrent qu’en dépit des nombreux absents, la Loire est une grande famille.

10408058_1496746727226096_3904147793873080425_n.jpg

Il faut vite rentrer ! Juin n’est pas terminé et s’achèvera dans une nouvelle débauche de rendez-vous, de plaisir et d’obligations. Lundi soir une fable pour Mary-Line et son départ à la retraite. Samedi prochain ‘Armada de Saint Benoît sera de la fête puis ce sera au tour de nos amis de Sandillon. Entre-temps, la surveillance du brevet des collèges me fera sombrer dans une douce somnolence réparatrice …

Oui, il est grand temps que ce mois s’achève avant qu’il n’ait raison de moi et de ma santé mentale (de ce côté là, je crois, hélas, qu’il n’y a plus rien à sauver). Chaque année, il en va ainsi et l’expérience ne sert jamais à rien. La sagesse et les bonnes résolutions s’effondrent aux doux appels coquins de cette période délirante.

10334474_1496746540559448_6238915349586499988_n.jpg

Junialement vôtre.

Photographies de Georges Asselineau

10458341_1496746457226123_7854365169942500826_n.jpg

Publicités

A propos cestnabum

Bonimenteur de Loire
Cet article a été publié dans Et si la vie..., Galerie d'images, Plumes de vies..., Quelques lettres. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour En juin, soyons fous !

  1. Beaucoup d’efforts mais que de bonne humeur, ne pas désespérer septembre et les jours plus courts arrivera vite.
    Bonne semaine.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s