L’école de la prison.

Jamais deux sans trois… Souvenir être passé dans les années soixante-dix par Roubaix ; mon Paris-Roubaix à moi mais pas en vélo. Rien qu’une halte d’un jour, d’une nuit…Le temps de siffler une bière dans une brasserie de cette ville habillée de rouge et de  pavés, sentir son  parfum populaire. Je partais pour l’Angleterre via Calais et j’allais aussi apprendre par un lecteur du Times que le « King » était mort. Je m’étonnais de la présence d’un roi dans cette île voisine. Il s’agissait en fait d’Elvis le dieu du Rock n roll … Le suspect roubaisien qui vient d’être arrêté pour la tuerie du musée de Bruxelles n’était pas même né alors. On apprend déjà des bribes de son parcours. La ritournelle médiatique s’emballe : enfance délicate, scolarité non aboutie, difficulté d’insertion, braquages de superette….On enchaîne aussi vite, un profil proche du tueur de Toulouse en mars 2012. Mais il ne faut pas oublier le premier cas celui du RER Saint-Michel  en juillet 1995 . Un  point commun entre tous ces individus : un passage chaotique de l’école à la prison .Ils ont ensuite été approchés par des éléments radicaux pendant leur incarcération. A croire que les enseignements théoriques de l’horreur sont bien  performants. Et maintenant l’endoctrinement se double de séjours,  pour parfaire la pratique au Moyen-Orient. L’usage d’internet et de la vidéo lie le tout dans un magma sans nom. L’appel syrien résonne à l’infini dans les couloirs surpeuplés de nos geôles et un chalumeau brûle nos banlieues. Plus d’horizon en vue  à Roubaix  comme à la Meinau* avec des taux de chômage vertigineux pour les jeunes de la déshérence. Les rapaces tournent dans le ciel avant de fondre sur leurs cibles… Méfiance quand les sirènes d’après élections beuglent… Le recadrage présidentiel sur la réforme pénale* va  contraindre à l’immobilisme. La surpopulation carcérale est un véritable danger pour la société. L’établissement pénitenciaire oscille entre officine de recrutement et agence de voyage pour l’enfer.

 

 « Le crime n’est pas une virtualité que l’intérêt ou les passions ont inscrite au cœur de tous les hommes, mais qu’il est le fait presque exclusif d’une certaine classe sociale ; que les criminels, qu’on rencontrait autrefois dans toutes les classes sociales sortent maintenant « presque tous du dernier rang de l’ordre social » ; que « les neuf dixièmes de meurtriers, d’assassins, de voleurs et de lâches sont extraits de ce que nous avons nommé la base sociale » (Surveiller et punir Ed .Gallimard  Michel Foucault, p 321, 1975).

* http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/05/17/a-la-meinau-sur-les-traces-des-jeunes-strasbourgeois-happes-par-la-guerre-en-syrie_4420474_3224.html

* http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/05/31/christiane-taubira-une-ministre-de-plus-en-plus-fragilisee_4429678_3224.html

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4 commentaires pour L’école de la prison.

  1. jean-michel plouchard dit :

    Juste pour ajouter un peu d’ail là où ça fait mal. Le tordu existe depuis que le bipède est descendu de son arbre. Lorsque Cromagnon foutait son gourdin sur la tête de Neandertal sous prétexte de… on ne saura jamais pourquoi… Vivement que les petits hommes verts débarquent sur terre, on verra qui prendra le gourdin le premier.
    Bonne soirée à toi

  2. tu rentres en prison voleur de poules tu en sors tueur, où est l’effet punitif qui doit amener à la réinsertion?
    Les prisons sont des passoires pour les objets mais aussi pour les idées extrêmistes, bientôt une alternative enfin j’espère.

  3. cestnabum dit :

    Lacafeu

    Et désormais dans nos écoles, on laisse agir en toute imunité (ou peu sans faut) de futurs candidats à ce parcours. Le refus de l’autorité et le respect à tout prix de l’obligation scolaire font déja des ravages

    Quand ces gamins qu’on a conforté dans leurs déviances se retrouvent entourés de formateurs en délinquance lors de leur inévitable passage en prison, ils sont mûrs pour le grand saut.

  4. fatizo dit :

    Je ne vais pas citer ici la célèbre phrase de Victor Hugo sur les prisons et les écoles. Mais à l’heure ou l’on réduit les journées d’école, ou l’on refuse la moindre réforme scolaire pour enrayer ce qu’un Président précédent à détruit, on préfère construire des prisons, il ne faut pas s’étonner après ça de « l’évolution » de cette jeunesse.
    Bonne soirée Lacaufeu

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