Trop de place !

Un silence assourdissant …

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Remettre à sa place celui qui prend trop de place, c’est immédiatement faire place nette et le contraindre à abandonner cette place au soleil des sports que vous lui aviez consentie. Il devait rester sur sa réserve, il avait pris une place laissé vacante ; il en fit une place d’armes et de mots, bonne place qui le mit trop en valeur.

Lui qui venait d’un champ de foire ; d’un seul coup vous en aviez fait un pion qui se pensait indispensable sur l’échiquier de vos placements en bourse. Le fou se fit cavalier, il investit la place forte, creusa son trou. Il fallait qu’il finît par tomber dans ce puits pour que fût oublié cet épisode fâcheux.

Déplacer le pitre, replacer les pions et consommer sur place la rupture qui s’impose. De place en place, il vous faudra justifier cette place manquante, ce vide qui s’impose sur le devant de la scène. Il fallait faire place nette pourtant, l’équilibre de ce que vous aviez mis en place était désormais menacé. Place au jeûne, à la privation de cette orgie de mots et de phrases.

Vous eussiez pu le mettre au coin, il eût pu accepter cette place au rabais. Hélas, le trublion qui ne tenait pas en place ne pouvait se satisfaire de ce recoin si peu conforme à sa plume. Vous lui avez coupé les ailes, il se retrouve chassé, déplacé, dépité !

Bien sûr, il laissera une place vide, un espace béant plus encore dans les cœurs que sur les planches. Son trou dans l’eau va se refermer ; la nature a horreur du vide. Vous changerez les horaires du disque de stationnement ; la place est bonne, il y aura bien un suppléant !

Sur place, c’est l’incompréhension puis l’oubli fera son œuvre. Vous rêviez de vous voir à sa place, vous n’avez plus qu’à saisir cette chance qui s’offre à vous. Il a perdu cet empire que vous lui aviez fait miroiter, c’est l’occasion idéale pour reprendre la place, briser le joug des assiégeants. Tout l’or du monde ne remplacera jamais votre royaume qu’il menaçait tant.

Le quadrille a cessé, le fiasco est évité. Sur la place publique, le kiosque à musique résonnera à nouveau des seuls accords de l’harmonie retrouvée. Finis les histoires et les contes d’apothicaire. Vous n’aurez plus à avaler les brouets amers de ce Diafoirus de l’aigreur. La note était salée ; vous n’aurez plus à piétiner sur place en espérant la fin de ses diatribes.

Chaque individu doit trouver sa place dans la société. La sienne sera aux oubliettes des étoiles filantes, des comètes qui se sont brûlées aux feux de la rampe. Cet envahissant butineur avait piqué votre place ; vous en aviez le bourdon. Il faisait son miel de ce que vous aviez construit avec patience, il avait investi la place, tel un Bernard l’ermite !

Il eût fallu lui délimiter une place, accepter de lui fixer un cadre. Comme l’eau, il n’est rien qui puisse empêcher ses débordements. Les digues sont désormais rompues. Il faudra revendre vos places au marché-Loire ; sa place comme sa trombine ne vous reviennent plus ! Chacun à sa place et les vaches seront bien gardées. Le taureau furieux n’avait rien à faire dans votre enclos.

Si par hasard, sa place venait à vous manquer, mettez-vous un peu à sa place ! Il lui est désormais impossible de revenir sur ses pas et d’accepter de reprendre une place sur la pointe des pieds de ses vers. La messe est dite, vous connaissiez la chanson mais pas ce curieux enfant de chœur. Il vous a laissés sur place avec les burettes et la clochette, et vous salue bien.

Il ne pouvait rester en place, quoi de plus logique alors qu’il vous tire sa révérence, tourne casaque et laisse son casque en vous abandonnant sans coup férir la place d’armes au milieu des larmes ?Le cœur gros peut-être mais bien à sa place ; il vous fait don de son absence. À sa place, un silence assourdissant, celui d’un départ sans retour !

Placement vôtre.

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Bonimenteur de Loire
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