Les contes de campagne

Concurrence déloyale

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Il n’est pas simple de se faire entendre dans le brouhaha médiatique du moment. Moi, pauvre Bonimenteur de Loire, je me retrouve réduit au silence par le vacarme des spécialistes de la menterie et des médias. Partout, il n’est question que des contes de campagne, de mauvaises histoires qui exhalent les remugles de la fange et du tas de fumier ; fables pitoyables qui n’ont même pas la dignité de se terminer par une morale !

Que peut faire le raconteur de Loire face à ces prosateurs de foire ? Ils sont aidés par des officines médiatiques spécialisées dans la poudre aux yeux. Merlin et la fée Morgane ont été recrutés par l’agence Pygmalion et Galatée. Ils ont donc abandonné les rives de ma belle rivière pour aller battre la campagne afin de récolter les suffrages par des sortilèges qui me laissent sans voix.

Pour raconter leurs salades, ils avaient besoin de tant d’oseille qu’ils utilisèrent des moyens déloyaux. Le blé passe dans de fausses factures, les maquignons flattent encore le derrière des vaches mais n’oublient pas les-dessous-de table. Les belles histoires que voilà, il en faut de l’imagination pour faire de ces scénarios pitoyables des aventures épiques et « colégrammes » !

Et que dire de ce décor plat et sans relief. Je sais la redondance mais je cherche à me mettre à leur niveau de « déblatéreurs » des podiums politiques. Où est la magie du conte avec ces musiques guerrières et pompeuses, ces drapeaux tricolores et ces slogans trompeurs ? Le conte a besoin de douceur et de quiétude, de poésie et d’émotion.

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Quand le conteur en chef monte à l’assaut de la foule en délire, chauffée par des promesses de récoltes juteuses, de greniers qui se remplissent, de lendemain qui rasent gratis, il sème à tous vents la haine et la discorde, la peur et les angoisses. Il n’aime rien tant que le chiendent et les mauvaises herbes, les cailloux qui se glissent dans nos sabots et les fossés qui se creusent.

Je n’aime pas ce conteur de rase campagne ! Je m’indigne qu’il soit seul à disposer de l’oreille des médias. Il y a tant de belles choses à raconter dans nos montagnes et nos marais, nos forêts et nos pâturages, nos rivières et nos mers. Pourquoi ne faut-il entendre que les plus grandes platitudes ?

Laissons ces contes de campagne aux oubliettes qu’ils n’auraient jamais dû quitter. Un puits sans fond, voilà ce qu’il faut pour ces bandits de grands destins, ces grands serviteurs de l’Etat qui n’aiment rien tant que se servir sur la dépouille de leurs proies. Ces charognards n’ont rien à faire dans le monde des fées et des lutins, des trolls et des génies.

Hors de ma vue menteurs patentés, raconteurs de sornettes, ratiocineurs de la chose publique ! Place aux grands espaces, aux belles aventures, au monde fantastique et mirifique de nos fables et légendes. Tant qu’à manier le mensonge, autant qu’il soit porteur de rêve et non de haine.

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Fermez la porte à ces misérables ! Osez les baladins et les bateleurs, les musiciens et les artistes ! Oubliez les tristes mines de ces comédiens sans talent, incapables d’écrire leurs discours, impuissants à jouer les rôles qu’ils revendiquent. Balayons les contes de campagne, effaçons ces sillons impurs qui se gorgent de sang, détruisons les palais dorés et les théâtres politiques !

 

L’avenir est dans vos rêves. Libérez Morgane et Merlin, retrouvez vos âmes d’enfant, laissez- vous emporter par les vrais diseurs d’histoires, les conteurs et les fabulistes. Pygmalion sculptera alors une Marianne revenue à sa splendeur d’antan. Aphrodite lui redonnera vie quand vous aurez bouté toutes ces gargouilles qui hantent les allées du pouvoir.

L’espoir est à portée de main. Libérez aussi vos imaginations et abandonnez les piteux oiseaux de mauvais augures, les chevaliers à la triste mine, les hérauts d’une république qu’ils ont dépouillée. Les lendemains nous enchanteront enfin !

Mirifiquement leur.

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A propos cestnabum

Bonimenteur de Loire
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11 commentaires pour Les contes de campagne

  1. jean-michel plouchard dit :

    Osons enfin la copule musicale !
    Bonne soirée C’est Nabum

  2. fatizo dit :

    Nous sommes comblés ici . Deux textes pour le prix d’un seul.
    Bonne soirée tous .

  3. Petite marrante dit :

    Quel joli texte CCCP. Moi aussi je vois le Marchand de sable…,
    Bonne soirée

  4. Petite marrante dit :

    Oui merci Cestnabum il y a encore de la place aux rêves et à l’imaginaire. Il suffit juste de rencontrer le conteur, le bonimenteur…
    Bonne soirée.

  5. cestnabum dit :

    CCCp

    Merci vraiment de ce magnifique cadeau

  6. CCCP dit :

    Mon conte ….

    En 1978, ébahis, 17 millions de personnes regardaient une petite marionnette voler dans l’espace.
    Sigmund Jähn, premier cosmonaute Est – Allemand emportait avec lui dans le cosmos; la star incontestée de la RDA: le Marchand de sable (personnage animé de la télé Est-Allemande), pour une promenade d’une semaine qui enchanta des milliers d’enfants.

    En fermant les yeux, je le revois à bord de la station Soviétique Saliout 6, sur les genoux de Sigmund et en attendant un peu, toujours les yeux clos, je revois le Marchand de sable et son amie Misha ( mascotte des J.O de Moscou ) voler si haut en apesanteur que tous mes souvenirs d’enfance me reviennent.

    Casimir me déposant un gentil baisé dans mon école maternelle, l’apprentissage de la fabrication des bonbons…

    Tant de souvenir, pour chacun d’entre nous, qui rêvions de nos héros: qu’il soit le premier dans l’espace ou ai marché sur la lune, Cow-boy ou Indien, les yeux clos ils étaient toujours là.

    En grandissant, nos paupières se sont ouvertes, nos héros sont toujours là, nos rêves s’étiolent.
    Peu importe, que nous ayons rêvé d’être cosmonautes, spationautes, ou astronautes, nos envies d’espace appartiennent à d’autres. A d’autres enfants, sous d’autre latitudes.

    C’est un autre jouet, un autre symbole qui ravira bientôt le cœur d’autres enfants lorsque le prochain marcheur sur la lune sera un taïkonaute.

    Nos rêves d’espace, de lune, d’étoile, d’autres formes de vies se sont tues.
    Les cow-boys ont vaincu les indiens dont l’un des survivants dans son infinie sagesse ancestrale rappel que « Si la lune est si loin de nous c’est sans doute pour de bonnes raisons. » Comprendra qui voudra!
    Les cow-boys et les autres, n’ont pas cessé eux de courir l’espace entre autre chose.

    La « sagesse » des indiens est restée incomprise, la planète bleue n’intéresse plus personne à part les indiens, les autres ont les yeux rivés sur mars, vers l’infini et au delà.
    On cherche et découvre des exoplanètes pour une autre vie, qui ne sera pas de forme inconnue, mais bel et bien pour la nôtre.
    Notre terre nous est désormais indifférente sans pour autant en avoir fait le tour.
    95% de nos océans reste à découvrir pour peut-être autant de forme de vie cachée dans ses abîmes et vierge encore du regard de l’Homme. Des morceaux de terre serait peut -être dans le même cas, mais cela importe si peu.
    L’essentielle de cette terre est qu’elle donne tout ce qu’elle offre, ses arbres arrachés par millier chaque année, son eau pour laquelle on se bat afin de se l’approprier, ses terres rares si utiles pour « communiquer ».
    Sa faune et sa flore se raréfient, pour nous nourrir, nous habiller, construire, rouler, guérir et batifoler.

    Le reste de ses territoires, non exploitables ou exploités, sert a entasser tout nos déchets. Tant pis pour la terre si elle ne sait pas les digérer, tant pis pour la mer si elle ne sait pas se dépolluer, tant pis pour l’air s’il ne sait pas s’acclimater.

    Il reste encore des endroits a emplir et exploiter, l’espace se comble et les planètes offrent des débouchés.
    L’homme y trouvera de l’eau et des bassins miniers, pour se refaire une santé sur une exoplanète et encore tout dégueulasser!

    Les yeux clos je revois Misha et le Marchand de sable, voguant dans le cosmos entouré de déchets, ils me disent  » Regardez ce que vous avez fait! ».

    CCCP

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