Treize clochettes.

Le muguet joue dans la cour de la vie. Il nous regarde un peu distrait et fredonne … En pot ou en terre peu importe, il nous accompagne. Le temps de l’enfance  trottine encore dans ma tête, celui où petit  je portais les pots aux grand-mères. Ce rite familial nous permettait de ne pas oublier les anciennes et de les voir avant qu’elles ne s’envolent. Aujourd’hui pour certains le jour absent reste sans nouvelles. Maison vide et portes fermées sur elles-mêmes. Puis vint le camarade bouquet au prix militant, la fleur avait un sens. Elle s’appelait soutien, fût-il rouge derrière son plastique. Sous la pluie de la clochette en crise, tréteaux, nappes et papier d’argent s’agitent sur les trottoirs. Tout se vend au rayon de la misère. On pourrait même twitter un brin par mesure d’économie. Le déficit de vie reste à combler lors du prochain collectif budgétaire. La tradition populaire aujourd’hui mangerait-elle aussi la forêt ? Alors voici le muguet de la revente prohibée, on pourrait-dire Ya basta !

Pour l’heure  j’ai descendu dans mon jardin pour y cueillir un brin de muguet….Il est unique avec sa limbe et la forme campanulée de ses clochettes. Parfum magique qui flotte comme grand voyageur  de l’éphémère. Mes narines respirent le rêve….Cette plante vivace a une histoire singulière. Partie de Nantes dans les années soixante elle s’installa en Alsace dans une école puis migra en début de siècle au bord de la Seine pour s’épanouir en toute blancheur. Elle n’est pas venue toute seule, c’est un homme simple et précieux  qui l’a mis en terre à chaque fois. Il distribuait ses brins partout où il allait  et le replantait chez tous avec un même sens du partage.

Aujourd’hui il n’est plus, mais son muguet court encore….Il m’a enseigné une chose essentielle : quand on a le privilège d’en avoir, on doit l’offrir à tous ceux qu’on aime. Un brin de causette autour d’un bouquet vaut tous les discours. Treize clochettes c’est la perfection, disait-il ….

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7 commentaires pour Treize clochettes.

  1. lacaufeu dit :

    Merci à vous Fatizo pour pour cette chanson poplulaire russe podmockobnie vechera (les soirsou les nuits de Moscou)

  2. fatizo dit :

    Celui du temps d’avant, de Francis Lemarque , de celui de votre enfance.

  3. damemiracle dit :

    Très bien écrit mon ami, merci! Bonne fête du 1er mai à toi! Gros bisous, Gigi 🙂

  4. Petite marrante dit :

    Jolies clochettes, parfum délicat…. A qui destine-t-on l’eau, puissant poison, dans laquelle trempe le brin??? Je t’offre les clochettes sans eau, en pot pour être replantées, ainsi qu’à tous ceux que tu aimes.
    Bises cher Lacaufeu.

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