Sentant la solitude…

Gabriel n’est plus nous dit-on à la radio, il n’en est rien  … Pour l’heure j’écoute la marche turque de Mozart, les doigts de ma fille sautillent sur le clavier. Petits pas dansés sur le fil de ma mémoire. Je ne me souviens plus quand j’ai bien pu lire « Cent ans de solitude » ? Peut-être dans les années quatre-vingt-dix de l’autre siècle, celui qui est parti sans mot dire . On m’avait tellement parlé de ce livre…je l’ai abordé un soir sans même savoir ce qu’il contenait et ne le lâchais plus. Ne rien dire de l’histoire elle-même. Le passé, les aïeux qui courent en nous, la couleur tout se mélangeait et il me renvoyait sans cesse vers le monde ancien de mes rêves. Chaque fable humaine à la magie indescriptible que les générations répétaient sans cesse. J’étais perdu sur les rivages de ce récit fleuve. Le vrai du faux, du qui était qui, des perroquets  multicolores qui  ignoraient les fusillés. Des animaux nos frères égarés sur les routes prédictives aux contours incertains. Une réalité mange la généalogie des esprits en dessert. Un parterre d’aliénés croit se libérer des chaînes. Des arbres  gigantesques pliés de rire devant le spectacle  familial s’agenouillent et prient sous l’orage. Sort tragique d’une moustiquaire et les présages resservis. Le temps instable ne tenait plus en place. Un coq amnésique chantant des louanges  pendant le combat des âmes. Des vieux avec des têtes de bébés d’il y a deux siècles. Tu ressembles à l’ancêtre….si, si il y en a toujours un dans la famille. D’ailleurs on va lui donner le prénom d’un colonel ou d’un songe numéroté …comment parler des pages, elles cachent des secrets comme partout…la pluie, les massacres, les accordéons, les abeilles, les fleurs, les femmes. Les descendants remontent souvent la pente de la destinée, pareils aux fourmis. La grève de nos espoirs flanchés  nous aliène à l’héritage d’un encrier. Un bain d’images ce livre rencontré un jour où sentant la solitude je revis d’un coup. Remettre la main sur ce livre au plus vite afin d’ouvrir la fenêtre du vent.

 

 

Gabriel Garcia Marquez : (1927-2014) écrivain colombien  Prix Nobel de littérature

 

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3 commentaires pour Sentant la solitude…

  1. Petite marrante dit :

    On est forcément différent après avoir lu cent ans de solitude. Une claque de lecture…. Inoubliable. Je l’ai lu deux fois et je crois que la troisième n’est pas loin. Merci Lacaufeu d’en parler si sensiblement.
    Bises

  2. lacaufeu dit :

    Merci nabum , c’est vrai une inoubliable rencontre avec les mots.Ne pas passer à côté.
    « Les choses ont une vie bien à elles ; il faut réveiller leur âme, toute la question est là. »
    -Cent ans de solitude- Gabriel Garcia Marquez(1967)

  3. cestnabum dit :

    Lacafeu

    Voilà un bel hommage à votre manière.
    Bravo, il le mérite amplement.
    Quel extraordinaire souvenir de lecture … Merci

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