Quelques plaisirs sans pareils …

Voilà le printemps !

 

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Tiens, voilà le printemps et ses plaisirs qui vous titillent ou vous troublent ! Vous sentez comme une pulsion de vie, un désir de croquer la vie à pleines dents. Le printemps, c’est le renouveau et curieusement, rien de nouveau dans les folies qu’il vous distille dans le secret de son souffle tiède. Qu’importe, si ce n’est pas une surprise, l’agréable vaut bien de reprendre de bonnes vieilles habitudes !

La première est cette envie de bouger, de ne plus avoir les deux pieds dans un soulier qui sèche devant la cheminée. L’humain sort de sa caverne pour aller à l’aventure, envahir les berges et les bois, les prés et les champs. La nature grouille de ces petits êtres étranges qui se répandent sans retenue, qui sèment à tous vents détritus et papiers gras. Le printemps c’est aussi la foire à malpropre ! Les canettes vides annoncent le redoux …

Le printemps c’est encore le défi des prunelles. Les demoiselles s’habillent de tenues légères ; elles se font vaporeuses, charmeuses et aimables. Les jeunes hommes montrent des muscles et font les coqs devant les premières. D’autres ne respectent pas cette répartition ancienne des rôles mais chacun désormais fait comme il lui plaît. Le printemps n’a pas mauvais genre ; tous les amours font leur nid en cette saison si coquine.

Le printemps ce sont les fleurs et les fruits. Les arbres annoncent des récoltes magnifiques. Mais diantre, que se passe-t-il dans nos jardins ? Il semble que les abeilles manquent à l’appel ; la pollinisation risque d’être défaillante. Les promesses resteront-elles vaines ? Déjà que la saison a un bon mois d’avance, un gel tardif ou une calamité offerte par Monsanto et ses collègues peuvent nous faire déchanter rapidement.

Le printemps sera sans nul doute la ronde des tondeuses et des éternuements intempestifs. Pour ça, aucun risque d’échapper à la chose. C’est le nez qui coule et les yeux qui pleurent à la belle saison. On ne peut tout avoir ; il faut bien quelques désagréments pour apprécier le reste. Parmi ces petits plaisirs par ricochet, il y a les odeurs de barbecue du voisin. Malheur à celui qui habite à côté d’un mangeur de sardines : il devra fermer ses fenêtres !

Le printemps ce sont encore les examens qui approchent, la ronde des concours quand les enfants sont devenus grands. C’est l’angoisse d’un résultat, l’attente d’une réussite, l’espoir qui rend la vie belle ou l’échec qui vous plonge dans le désarroi. Le printemps est bien fourbe ; il peut soudainement se faire sombre et morose alors que tout le monde semble si heureux !

Le printemps c’est la lumière, les soirées qui s’éternisent, la nuit qui nous oublie un peu. Nous avons alors cette envie folle de ne plus rentrer, de humer les effluves, de profiter des balades sur la Loire, d’admirer le bal des oiseaux, de baguenauder sans but. Le printemps se donne tout le temps, il nous invite en des fêtes innombrables, des concerts, des festivals, des randonnées. C’est le temps du bonheur retrouvé.

Le printemps est votre ailier. Il vous ouvre bien des portes parfois quelques cours. Il rend les gens plus accueillants, les amis plus disponibles, les sourires plus éclatants. Il est le temps de l’insouciance et de la joie, de ce désir de tout rendre possible. Il est la douceur d’un soleil qui se donne sans vous accabler, le parfum merveilleux d’une pluie qui vient frapper un sol tiède, les repas qui explosent des saveurs maraichères.

Le printemps , saison magnifique, est profusion des sens, confusion des désirs, expression de tous les possibles. Il souffle sur cet hiver qui n’en finissait pas avec ses jours humides ou glacés, ses frimas , ses maisons calfeutrées. Pourtant c’est aussi le signal des expulsions locatives pour des miséreux qui se retrouveront du jour au lendemain à la rue. Ce printemps-là, loin d’être porteur d’espoir, condamne à la galère et à l’exclusion.

Chacun son printemps. Certains plus heureux, moins impécunieux envahiront les terrasses et les lieux de loisirs. Le printemps sépare ceux qui vont jouir de ses bienfaits et ceux qui vont se cacher pour ne pas se montrer. L’été éloignera les uns et les autres, il y aura les estivants en vadrouille et ceux qui resteront là. Le printemps fait distinction d’une manière plus sournoise ….

Alors, jouissez du bel aujourd’hui  ! Demain n’est jamais certain. Si vous pouviez ne pas oublier ceux qui sont sur le bord de notre monde, cela vous rendrait encore plus heureux. L’effort n’est pas si terrible : un sourire, un regard, c’est si facile quand le temps est beau ! Je vous laisse profiter de l’instant. C’est vraiment le printemps !

Primesautièrement vôtre.

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A propos cestnabum

Bonimenteur de Loire
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