Au fond du sac.

Spéléologue de salon

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Il est une aventure qui dépasse de très loin les exploits les plus fous du sport, un moment qui met votre vie en danger, vos nerfs en pelote et votre patience à bout. Qui n’a jamais eu à connaître cette expérience ne peut appréhender l’angoisse de celui qui doit plonger au cœur des entrailles d’un sac de femme.

Vous avez demandé une clef ou bien un stylo et la dame négligemment vous dit, un curieux sourire au coin des lèvres : « Tu n’as qu’à te servir toi-même, c’est dans mon sac ! » Vous vous interrogez sur ce ton moqueur, cet air malicieux qui ne lui est pas si fréquent. Vous n’imaginez pas que débute alors pour vous une expédition dont vous ne pourrez rentrer indemne.

Vous vous étonnez ; vous lui demandez vraiment s’il n’est pas indiscret de mettre ainsi la main dans les secrets de la dame. Elle vous affirme alors qu’elle n’a rien à cacher, que son sac n’est pas un coffre à mystères et qu’elle ne se formalise nullement de cette intrusion. Elle a les mains prises ou bien autre chose à faire ; elle vous donne carte blanche pour cette petite visite.

C’est pourtant avec un peu de réticence que vous tentez l’ouverture de cette caverne d’Ali Baba. Nul besoin de formule magique pour y pénétrer mais plutôt un bon peu de dextérité et d’ingéniosité. Le fermoir si simple d’aspect n’en demande pas moins des trésors de réflexion. C’est un peu comme les agrafes d’un soutien- gorge que vous espérez ôter : vous vous échinez vainement et plus vous passez pour un maladroit, plus vous n’arrivez à rien.

Ce n’est hélas qu’un début. Quand le sac consent à livrer son accès, vous n’êtes qu’au seuil de la plongée aux enfers, dans les entrailles de la dame. Votre main tâtonne, se sent totalement désorientée parmi des objets et des sensations si inhabituelles pour elle. Il y a là un étrange mélange de formes et de matières. Vous vous prenez à craindre une mauvaise rencontre, un piège quelconque ou bien une désagréable surprise.

Vous poursuivez votre investigation aveugle. Vous vous piquez à un objet coupant, frissonnez au détour d’une matière gluante, éternuez aux effluves d’un parfum. Mais ce que vous cherchez ne vous tombe pas sous la main. C’est à y perdre son latin. Comment tant de choses aussi hétéroclites peuvent-elles trouver place en un si petit espace ?

Vous commencez à croire qu’il y a diablerie à la chose. C’est vous qui allez disparaître, corps et biens dans ce gouffre sans fond. Vous redoutez de vous y noyer, de vous diluer dans ce monde que vous pensiez inerte et qui s’avère grouillant d’une vie inconnue et souterraine. L’angoisse monte ; vous redoutez une mauvaise rencontre, une glissade ou bien une chute mortelle.

Vous perdez votre sang-froid et cette courtoisie qui vous avait concilié la confiance de la dame. Vous prenez à pleine main ce qui vous tombe sous elle et vous sortez en vrac ce fouillis insupportable. Deux, trois fois, vous videz comme un malotrus ce fatras informe. Sur la table désormais, un monticule exotique d’objets aussi divers que mystérieux. Que peut-elle faire de tout ça ?

Une brosse à cheveux, un canif pliant, une pince à épiler, un miroir, un porte monnaie, un album photo, un téléphone portable, une clef USB, un tire-bouchon (vous n’en revenez toujours pas), un tournevis, un porte-cartes, des porte-clefs, des papiers de tous formats, une barre de céréales, une bouchée au chocolat, un flacon de parfum, un carnet, une guimbarde, une tablette de pilules et quelques nécessaires intimes. Mais rien de ce que vous êtes venu chercher !

C’est alors que vous découvrez que le sac a des poches dérobées, qu’il n’est pas qu’un vaste ventre goulu mais qu’il dispose encore d’autres ressources insoupçonnées. C’est après bien des efforts que vous trouvez ce maudit stylo qui vous faisait défaut. Que faire désormais ? Comment remettre tout ça dans ce petit contenant de cuir ? Vous devinez bien qu’il doit exister un ordonnancement secret pour réussir à tout remettre en place sans avoir recours à un rouleau compresseur.

C’est le rouge au front, en proie à une honte ineffable que vous allez prévenir la dame, bien obligé de lui avouer votre folie inquisitrice. Vous n’avez pas su garder votre calme, vous, le spéléologue amateur, vous n’avez pas été à la hauteur de l’expédition. Vous laissez sur la table ce monticule absurde et vous vous jurez de ne plus jamais renouveler pareille expérience …

Décidément et contrairement à ce qu’affirment les tenants de la théorie du genre, il y a bien un mystère féminin qui échappe à l’homme. Il a nom le sac à main et constitue bien une barrière infranchissable qui laisse l’homme ordinaire sur le bord de ce monde hostile et mystérieux.

Énigmatiquement leur.

Inventaire d’un sac à main réalisé par sa propriétaire :

Commençons par les objets « normaux » : un portefeuille ; un téléphone portable ; deux trousseaux de clés ; un chéquier ; les papiers de la voiture ; un stylo ; un paquet de mouchoirs ; des lunettes de soleil, deux paires ; mes clés de voiture ; des cartes de visite.

 

Maintenant, le moins fréquent : une moleskine ; 4 sachets de thé ( le thé des bistrots est en général dég… ) ; deux bouts de tissu, souvenirs de couture de mes filles ; un stylo haribo ( ça c’est du collector ) ; un porte-clés nounours qui ne me sert pas ; un vieux lacet cassé ; tiens ! Je viens de trouver 1€ en petite monnaie, chouette !; un autre-porte clés, de mon signe du zodiaque ( gémeaux ) qui est très moche et qui ne sert à rien ; un reste de plaquette d’ imodium, souvenir d’une lointaine gastro ; un autre paquet de mouchoirs, éventré et inutilisable ; un ticket de carte bleue de 2011 ; un autre stylo, qui ne fonctionne plus.

 

Le nettement plus rare ; une trousse avec 4 stylos de couleurs improbables ; le contrôle technique d’une voiture que je n’ai plus ; une clé USB en forme de lapin ; une couverture de survie ; un nécessaire de couture ; un coquillage offert par un gamin, mais je ne sais plus qui ; et enfin une petite sacoche, qui contient : 4 autres clés USB de formes et couleurs variées ( ce qu’il y a dedans ? mystère ) ; une reste de plaque de Zan ; une bague ( tiens, je l’avais perdue ) ; une mini lampe qui se recharge par friction ; un faux appareil photo en plastique de 5 cm : une mini lampe à pile ; le résultat de mon examen de code de la route ; et ….. là, devant moi, qui me tend les bras, mon couteau suisse d’amour.

 

Je ne fais pas l’inventaire du portefeuille, je signale juste qu’il pèse 415 gr, sans les pièces ci-dessus citées.

 

Voilà !

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Bonimenteur de Loire
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