Elle assure.

Le fond du gouffre !

Si vous cherchez une assurance qui couvre les risques extrêmes, les catastrophes naturelles, les séismes en tous genres, les naufrages les plus pathétiques, à n’en point douter, elle existe ! et j’ai la douleur de croiser son chemin et surtout sa réclame à longueur d’années. Portée à bout de bras et de cerveaux disponibles par un inénarrable duo, cette société se vautre dans toutes les platitudes, tous les jeux de mots douteux qui ont échappé aux blagues d’un caramel dur.

Permettez-moi de ne pas citer la société ni ce couple infernal. J’ai mal rien que d’entendre ces voix exagérées, caricatures d’elles-mêmes, paradigmes de la bêtise revendiquée. C’est insupportable, j’en ai des frissons d’exaspération à chaque fois que ma radio publique diffuse ces slogans insipides et vulgaires.

Je ne doute pas qu’il n’y ait des intentions cachées dans ce bombardement outrancier fait de jeux de mots vaseux, de références douteuses et parfois graveleuses. Il y a certainement de la dérision, du second ou du troisième degré, de la distance et naturellement une stratégie savamment élaborée par des spécialistes de la communication, des psychologues et des experts en dysfonctionnement mental. Mais je ne parviens pas à percevoir la plus petite parcelle de pertinence, la plus infime marque d’intelligence dans cette rase campagne publicitaire sans fin.

Que dire aussi de ces deux personnages, prétendument comiques, qui se donnent (le terme est assez mal choisi je sais) en spectacle ainsi ? Il faut aimer l’argent bien plus que soi-même pour ainsi montrer une telle représentation vaseuse de sa personnalité. La réitération jusqu’à la nausée de ces répliques absurdes nous incite à penser que, derrière le masque, les individus ne se cachent même plus. Ils sont ainsi, désespérément ainsi.

C’est leur problème et si l’argent justifie à leurs yeux cette déchéance fatale, je ne peux m’immiscer dans leur quête d’infortune. Mais que dire alors des intentions de leurs employeurs ? Quels sont les buts inavoués de cette société d’assurance ? Est-ce cela l’opinion que ces gens ont de leurs clients ? Je ne peux le croire.

Pourtant, depuis le temps que dure cette pitoyable rengaine, il doit bien y avoir des retombées économiques tangibles, des résultats si satisfaisants que l’assureur trouve opportun de continuer ainsi à se vautrer dans la boue. C’est bien là le point le plus intrigant dans cette affaire : des gens aiment ça, se reconnaissent dans ce portrait du français si moyen qu’il vole au ras des pâquerettes. Pire même, cette image motive des adhésions et des dépenses.

J’en suis atterré et sidéré. Nous avons manqué quelque chose ; l’école a failli dans l’éducation des masses pour que ce modèle désastreux du consommateur franchouillard puisse servir de repère efficace dans la population. Pire même, je sais que des lecteurs vont prendre plaisir à regarder les illustrations qui vont accompagner ce coup de gueule inutile. Le mal est profond et au pays des gogos, l’arnaque est facile.

Puisqu’il n’y a rien à faire pour arrêter le rouleau compresseur de l’abrutissement des masses, pourrions-nous au minimum créer une réserve, un sanctuaire de l’intelligence relative ? Le service public de la radio diffusion française et de la télévision ne devrait pas se commettre à cette bassesse. Le CSA, toujours si prompt à défendre les valeurs déontologiques, devrait, il me semble, sévir sans nuance contre ce virus cérébral si insidieux.

Oui, il faut éradiquer cette publicité honteuse, cesser de montrer cette image avilissante de l’homme. Ces deux-là sont une honte absolue, un repoussoir infâme. Ils n’ont pas leur place sur des supports financés en partie par le redevance. Hélas, voilà encore un vœu pieu : nul ne se soucie désormais de l’intelligence collective. Seul l’argent dirige cette société.

Je peux vous assurer que jamais, cette société n’aura ma clientèle. Elle représente à mes yeux le mal absolu, la bêtise la plus crasse, le néant de l’être. Je pourrais même exiger de ses odieux dirigeants des dommages et intérêts pour toutes les souffrances occasionnées, les désespoirs provoqués. Oui, chaque fois que j’entends ce maudit slogan, j’ai mal, vraiment mal à l’idée que je me fais de notre culture !

Assurément leur.

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A propos cestnabum

Bonimenteur de Loire
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