Le soleil inonde nos quais …

En mars comme au printemps.

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Après des journées grises, un hiver qui n’a cessé de pleurer sous un ciel sombre et maussade, les premiers soleils de mars font le passant flânant et les sourires irradiants. Tout naturellement, c’est vers notre Loire que se précipitent tous ceux et celles qui étaient en mal de lumière et de bon temps. S’il faut garder une petite laine, rien pourtant n’arrête les baguenaudiers de cette belle journée de mars.

Les changements sont manifestes. Les visages cessent d’être crispés ; il y a l’envie de se poser, de prendre ces rayons qui redonnent de la couleur à toutes choses et certains promeneurs se dénudent quelque peu pour profiter, eux aussi, de ce supplément de couleurs. Les marcheurs vont et viennent, s’arrêtent, prennent le temps de pousser jusqu’à la rive, d’admirer la Loire que le soleil met en beauté et qui brille telle un ruban d’argent.

Les canards sur la rivière, semblent filer sans le moindre effort dans ce courant si puissant. Eux aussi sont touchés par l’air du temps. Il y a de l’excitation entre mâles et femelles, un printemps précoce qui agite les émotions et les pulsions. Ce spectacle sans pudeur influence sans doute tous ces couples qui se forment et se resserrent tout près de la berge.

Sur les quais, quelle foule inhabituelle en cette saison ! Les uns et les autres promènent les chiens ou les enfants et parfois les deux. On devine cette fois qu’ils ne sont que prétextes à se trouver ici sans véritable raison, pour le seul plaisir de se dorer, au sortir d’un long tunnel gris. Seul le petit appareil qui retient les confidences lointaines ne semble pas réduire sa présence : il est désormais greffé à de nombreuses oreilles. Le bronzage ne concerne plus le pavillon auriculaire ….

Les terrasses de café sont prises d’assaut. On se bouscule sur celles qu’illumine le bon Râ. Pour les autres, le courant d’air n’y permet pas un long séjour. Il faut choisir entre les frissons ou la modestie de l’estaminet. Les belles devantures de la place de Loire sont plongées dans l’ombre, tant pis pour elles !

Le bateau lavoir-est fermé. Belle occasion perdue de recevoir tous ceux, si nombreux, qui veulent profiter du soleil et de la Loire : ce bonheur leur sera refusé. Celui de la navigation aussi d’ailleurs. Les bateaux sont à quai ; comme c’est dommage qu’il n’y ait personne pour proposer la rivière à la curiosité de tous ces admirateurs alors qu’elle est si belle et si grosse !

Je passe surveiller les embarcations de mon Capitaine, parti sous d’autres latitudes trouver ce que nous n’avions plus ici depuis si longtemps. Pas besoin d’écoper : il ne pleut plus depuis quelques jours. Deux touristes viennent à ma hauteur, ils m’interrogent sur les crues, les bateaux et l’histoire de notre fleuve royal. Je leur offre un long récit et curieusement, nul ne vient m’interdire de raconter la rivière : le Festival est loin désormais …

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Plus loin Jacques D, notre graveur bienheureux, est assis sur les marches du quai. Un livre à la main, il médite sous le soleil. Il se lève à mon approche, sortant de la douce rêverie dans laquelle il semblait plongé. Il m’annonce que, du 12 avril au 4 mai, il exposera ses œuvres au 56 quai du Châtelet. Il a réalisé des gravures de rochers des côtes bretonnes : un travail qui prolonge ses culs de chalutier. Je ne manquerai pas de passer admirer son travail, toujours original et évocateur.

Je poursuis ma balade, au-delà du pont Royal, vers l’aval, cette fois . La foule est moins dense, le public différent. C’est étrange cette dichotomie des flâneurs ligériens. Les ponts sont des frontières déterminant des besoins différents, des âges ou des manières de prendre le temps qui ne sont pas identiques. Vers le quai Cypierre, tout est plus lent, plus serein. ; il n’y a plus de sollicitations : on ne vient ici que pour la Loire et elle seule.

Les bancs sont tous occupés. On refait le monde ici et, plus loin, on est en train de l’inventer. Ailleurs, on évoque un lointain passé. Le soleil rend bavards les badauds . Ils sont heureux, c’est une évidence ! Je croise alors deux spectateurs d’un récent spectacle. Ils me reconnaissent et évoquent avec moi une histoire de « bérouette » ! Je suis touché par ces quelques mots échangés.

Poursuivant ma flânerie, je prends le temps de découvrir l’église Saint Laurent que je ne connais pas et je la trouve assez étrange ! Un petit côté orthodoxe la distingue des autres lieux de culte de la ville ; elle est simple et pourtant chaleureuse. À l’écart, elle prend le temps, elle aussi, de profiter du soleil. La journée est à la contemplation, pourquoi s’en priver ?

Cette fois, il me faut rentrer… L’envie de vous offrir ce moment simple, ces instants en suspens me pousse à vous proposer ce récit sans but, cette promenade sans raison. Prenez le temps de les partager. Demain sera un autre jour et le soleil ne sera pas toujours à la fête.

Flâneusement vôtre.

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Bonimenteur de Loire
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